SIEL: Quand l’Atlantique raconte l’histoire du Maroc
Depuis l’Antiquité, et peut-être même avant, l’espace atlantique a joué un rôle de sculpteur de l’évolution historique du Maroc. Le livre de Leila Maziane retrace mémoire maritime du Royaume.
Bien plus qu’une frontière naturelle, cet océan s’est imposé comme un lieu vivant de circulation, d’échanges, de conflits et de rencontres entre les mondes, une réalité que le livre de Leila Maziane, « Quand l’Atlantique raconte l’histoire du Maroc », remet au cœur de la mémoire collective marocaine.
L’ouvrage de Leila Maziane retrace l’épopée maritime du Maroc, de Lixus à Tanger Med et Dakhla‑Atlantique, pour repenser l’identité nationale depuis l’horizon océanique.
Spécialiste reconnue de l’histoire maritime marocaine, Leila Maziane a défendu d’emblée son parti pris de vulgarisation : l’histoire, dit-elle, lors d’une rencontre organisée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger au SIEL de Rabat, n’a aucune raison de rester cloîtrée entre les murs académiques. Son livre remonte à l’Antiquité, période encore mal connue, pour montrer comment la façade atlantique s’est construite sur la longue durée. Sa thèse centrale est claire : la situation géographique du Maroc a décidé de son passé et décidera de son avenir.
L’auteure a souligné l’apport des récentes fouilles archéologiques à Oued Baht, Oued Laou et aux îles Purpuraires d’Essaouira, seules îles au monde nommées d’après une ressource halieutique, à une époque où la pourpre valait trois fois plus que l’or. Elle a également évoqué le port fluvial de Lixus, que certains chercheurs identifient aujourd’hui comme le berceau des ports atlantiques, ainsi que les centaines d’usines de salaison et de fabrication du garum découvertes sur ce site légendaire, où se mêlent histoire et mythes homériques.
L’une des révélations du livre est la mise en lumière du calife almohade Yacoub El Mansour, bâtisseur de la Torre del Oro et de la Giralda à Séville, et fondateur de Rabat, décision politique assumée d’asseoir son pouvoir face à l’Atlantique.
Leila Maziane a, en ce sens, partagé une découverte iconographique saisissante : une représentation du calife au Palais Pitti de Florence, ornant le plafond aux côtés d’Alexandre le Grand, Jules César et Soliman le Magnifique, témoignage de son rayonnement universel.
