Présidence du G7 : la France veut accélérer la réduction des émissions de méthane
La France a appelé à une mobilisation collective en faveur de la réduction des émissions de méthane à l’occasion d’une conférence internationale de haut niveau organisée lundi à Paris dans le cadre de la présidence française du G7.
« Nous n’avons plus besoin de débattre de l’importance du méthane : nous avons besoin de décisions, de partenariats et de résultats concrets. Sa réduction est un levier immédiat, efficace et directement mobilisable, au croisement de l’action climatique, de la sécurité énergétique et de la performance économique », a affirmé la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, lors de cette conférence qui a permis de « réaffirmer l’urgence d’intensifier les efforts » à cet égard selon un communiqué de son département.
Citée dans le communiqué, Mme Barbut a notamment appelé à une mobilisation collective autour de trois priorités: « accélérer les réductions des émissions de méthane dans les secteurs clés, en particulier dans l’énergie, où des réductions rapides et à faible coût peuvent être réalisées » ; « renforcer la transparence et la mesure des émissions, grâce aux nouvelles technologies permettant d’identifier précisément les sources de pollution ; et « déployer des solutions concrètes et des cadres réglementaires ambitieux, à l’image de la réglementation européenne entrée en vigueur en 2024 ».
Ces priorités, précise le document, ont notamment donné lieu à plusieurs engagements concrets annoncés lors de cette conférence, ainsi que nourrit la dynamique d’action, citant, entre autres, l’extension de l’initiative Oil and Gas Methane Partnership 2.0, qui rassemble les entreprises du secteur pétrolier et gazier engagées à appliquer les standards les plus stricts sur les fuites de méthane, couvrant désormais près de la moitié de la production mondiale de pétrole et de gaz.
D’après la même source, une nouvelle base de données mondiale sur les émissions des mines de charbon est désormais disponible, renforçant la transparence et le suivi des émissions à l’échelle internationale, alors que l’International Methane Emissions Observatory (IMEO) a confirmé l’extension du système mondial d’alerte et de réponse aux émissions de méthane, MARS (Methane Alert and Response System), aux secteurs du charbon et des déchets, en plus du pétrole et du gaz.
Cette extension est de nature à renforcer « la capacité internationale de détection et de réponse aux fuites de méthane », relève le communiqué.
Et d’ajouter que sur la transparence et la mesure des émissions, un partenariat entre le Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Agence internationale de l’énergie continue à renforcer son système commun de traitement des alertes satellites, l’objectif étant d’accélérer le passage de la détection à la réponse opérationnelle sur le terrain.
« La France poursuivra cette mobilisation dans les prochaines échéances internationales, notamment en vue de la COP31, afin de faire du méthane une priorité durable de l’agenda climatique mondial et d’obtenir des résultats rapides et mesurables », conclut la ministre française en charge de la Transition écologique.
Responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique actuel, le potentiel de réchauffement du méthane est estimé plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂ sur 20 ans.
