L’UE recommande aux compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien du Golfe
L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne recommande aux compagnies aériennes d’éviter de survoler Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, en raison de l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran.
Une nouvelle directive valable jusqu’au 29 juillet
L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a publié mardi un nouveau bulletin d’information sur les zones de conflit recommandant aux compagnies aériennes d’éviter de survoler l’espace aérien de Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis, ainsi qu’une portion du golfe d’Oman située à l’ouest du méridien 58 degrés est, dans la région d’information de vol de Mascate. La recommandation s’applique à tous les niveaux et altitudes de vol et reste valable jusqu’au 29 juillet, sauf révision anticipée par l’agence.
Missiles, drones et systèmes de défense antiaérienne en cause
L’AESA justifie sa décision par le risque élevé que représentent pour les vols civils l’utilisation potentielle de missiles, de drones, d’avions de combat et de systèmes de défense antiaérienne dans la région. L’agence évoque notamment les tentatives iraniennes de renforcer son contrôle sur le détroit d’Ormuz, les attaques répétées contre des navires commerciaux et l’activité militaire continue impliquant les États-Unis.
La présence de bases militaires américaines, facteur de risque
L’AESA souligne également la présence d’importantes installations militaires américaines à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis, qui pourraient devenir des cibles de frappes de missiles ou de drones, augmentant ainsi le risque d’incidents affectant l’espace aérien environnant. L’agence met en garde contre le risque accru d’identification erronée d’aéronefs civils par des systèmes de défense en état d’alerte maximale, ainsi que contre la possibilité de développements militaires survenant avec un préavis limité, voire inexistant.
Une recommandation, pas une fermeture d’espace aérien
Ce bulletin constitue une recommandation de sécurité et non une fermeture de l’espace aérien des pays concernés. Les aéroports de Dubaï, Abou Dabi, Doha, Manama et Koweït City restent opérationnels, et les compagnies aériennes basées dans la région continuent d’assurer leurs vols, sous réserve d’évaluations sécuritaires et d’éventuels ajustements opérationnels.
Un champ d’application limité aux opérateurs européens
La directive s’applique aux compagnies aériennes relevant de la réglementation européenne, ainsi qu’aux transporteurs de pays tiers autorisés par l’AESA à opérer des vols à destination, en provenance ou à l’intérieur de l’Union européenne. Les compagnies régionales ne sont pas automatiquement tenues de s’y conformer lorsqu’elles opèrent en dehors du champ de l’autorisation européenne.
Une escalade qui fragilise un accord signé en juin
L’AESA rappelle qu’un cessez-le-feu temporaire, initialement annoncé le 8 avril, avait été prolongé de 60 jours supplémentaires par un protocole d’accord signé le 17 juin entre Washington et Téhéran. Cet accord a toutefois été affecté par des violations répétées, entraînant un regain de tensions dans l’ensemble de la région du Golfe.
