“Gilets jaunes”: mobilisation dans le calme à Paris, tensions à Nice

Hormis à Nice, l’acte 19 des "gilets jaunes" se déroule samedi dans un calme relatif, notamment à Paris sur les Champs-Elysées quadrillés par un imposant dispositif policier et interdits à la manifestation après les saccages et violences de la semaine précédente.

De nombreux fourgons, blindés et canons à eau des forces de l’ordre avaient pris place tôt dans la matinée au milieu de l’artère, décourageant les "gilets jaunes" qui se sont retranchés sur le parvis du Trocadéro et à Denfert-Rochereau, point de départ d’une manifestation, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Sur décision du nouveau préfet de police Didier Lallement, aucun "gilet jaune" n’était autorisé à défiler sur et autour de la célèbre avenue, ni sur la place de l’Etoile, ni sur un périmètre incluant le palais de l’Elysée et l’Assemblée nationale.

Appuyé par l’usage de drones et d’une nouvelle unité anti-casseurs, le nouveau dispositif sécuritaire doit permettre, selon lui, de "faire cesser immédiatement les violences, voire des destructions".

A midi, 31 personnes avaient été interpellées dans la capitale, 15 autres verbalisées pour avoir défilé dans un périmètre interdit et plus de 2.300 contrôles préventifs ont été effectués, a-t-on appris auprès de la préfecture de police.

Samedi dernier, des scènes de saccage et de pillage sur les Champs-Elysées avaient mis sous pression les autorités qui ont voulu reprendre la main en promettant plus de "fermeté" et en menant une purge à la tête de la préfecture de police, tenue pour responsable des "dysfonctionnements" de l’acte 18.

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a enfoncé le clou samedi: "Nous serons sans merci pour les casseurs (….) Ce que veulent ces gens, ce n’est pas le dialogue, leur seule revendication, c’est la violence", a-t-elle affirmé dans l’Aude.

Au-delà de Paris, les autorités ont également interdit des manifestations dans des lieux emblématiques de plusieurs grandes villes de France, dont Nice.

Dans la cité méditerranéenne, quelques dizaines de personnes dont certaines ont revêtu un gilet jaune, ont toutefois bravé cet interdit en manifestant sur la place Garibaldi mais ont été rapidement encerclées par les forces de l’ordre.

Six personnes ont été interpellées dans la ville où les présidents chinois et français sont attendus dimanche et lundi, selon la préfecture.

Pour cet acte 19, les autorités avaient également innové en annonçant le "renfort" controversé de militaires de la force antiterroriste Sentinelle.

Après le tollé provoqué par cette décision, les autorités ont tenté de déminer la polémique, Emmanuel Macron dénonçant vendredi "un faux débat" provoqué par "ceux qui jouent à se faire peur et à faire peur" et assurant que l’armée ne serait "en aucun cas en charge du maintien de l’ordre".

Après quatre mois de mobilisation, une quinzaine d’autres villes étaient concernées par des interdictions de manifester.

Les "gilets jaunes" n’auront ainsi pas droit de cité sur la place du Capitole à Toulouse et dans le centre-ville de Bordeaux, théâtres réguliers de violences depuis le début du mouvement le 17 novembre.

Si "des attroupements sont constatés" dans ces zones, il y aura "interpellation et amende", a promis le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez. Les contraventions encourues en cas de participation à une manifestation interdite ont été portées de 38 à 135 euros par un décret jeudi.

Samedi dernier, 32.000 "gilets jaunes", dont 10.000 à Paris, avaient été recensés selon les autorités, un chiffre contesté par le mouvement qui a revendiqué de son côté 230.766 manifestants.

Des rassemblements sont par ailleurs attendus en régions, notamment à Saint-Brieuc, Montpellier et La Rochelle où la police craint "des actions de dégradations massives et d’atteintes physiques aux forces de l’ordre".

L’ultragauche, présente en force à Paris samedi dernier, "veut se mobiliser mais en privilégiant les manifestations régionales", confirme une source policière.

Parmi les figures du mouvement, Priscillia Ludosky a participé à une marche qui rassemblait en milieu de matinée 200 personnes entre Tourcoing et Lille. Autre figure des "gilets jaunes", Maxime Nicolle était lui aussi attendu.

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