Iran : l’ONU se dit « alarmée » par la hausse des exécutions depuis les manifestations de janvier
L’ONU s’est dite mercredi « alarmée » par la hausse des exécutions en Iran, avec au moins 56 personnes mises à mort pour des motifs de sécurité nationale depuis les premières pendaisons liées aux manifestations de début d’année.
Une vague d’exécutions depuis mars
L’ONU s’est dite mercredi « alarmée » par la hausse des exécutions en Iran, avec au moins 56 personnes mises à mort pour des motifs de sécurité nationale depuis les premières pendaisons liées aux manifestations de début d’année. Le 19 mars, l’Iran annonçait avoir exécuté trois hommes accusés d’avoir tué des policiers lors des manifestations de janvier, les premières pendaisons liées au mouvement de contestation qui avait secoué le pays en début d’année. Depuis cette date, « au moins 56 personnes ont été exécutées pour des chefs d’accusation liés à la sécurité nationale, dont 27 dans des affaires liées aux manifestations du début de l’année », a déclaré le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, dans un communiqué. « Plus d’une centaine d’autres personnes risquent d’être exécutées pour des chefs d’accusation similaires », a-t-il alerté, soulignant que les exécutions liées à des infractions liées à la drogue se poursuivent également à « un rythme alarmant ».
Un contexte de guerre et de répression
Les exécutions se sont multipliées dans le pays depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran, nombre de personnes exécutées ayant été condamnées pour leur participation aux manifestations qui ont débuté fin décembre. Ce mouvement de protestation, initialement déclenché par la vie chère, s’était rapidement transformé en vastes manifestations antigouvernementales, culminant les 8 et 9 janvier. Le pouvoir a reconnu plus de 3 000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël, tandis que des ONG basées à l’étranger affirment que la répression a fait des milliers de morts.
Des garanties judiciaires jugées insuffisantes
Volker Türk se dit globalement « alarmé par la hausse du nombre d’exécutions et de condamnations à mort prononcées en Iran depuis le mois de mars, ainsi que par le fait que la peine capitale continue d’être utilisée pour semer la peur au sein de la population et réprimer la dissidence ». Selon le Haut-Commissaire, les garanties d’un procès équitable et du respect de la procédure régulière demeurent gravement insuffisantes en Iran. Des aveux auraient été obtenus sous la torture ou d’autres formes de mauvais traitements, certaines condamnations à mort auraient été prononcées à l’issue de procédures expéditives, et des exécutions auraient eu lieu en public, a-t-il détaillé.
Le deuxième pays au monde pour le recours à la peine de mort
Selon des ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le deuxième pays au monde qui recourt le plus à la peine capitale, derrière la Chine. Le Haut-Commissaire « exhorte les autorités à suspendre d’urgence toutes les exécutions et à s’engager sur la voie de l’abolition de la peine de mort ».
