Syrie : la nouvelle Assemblée du peuple tient sa première session depuis la chute d’Assad
La nouvelle Assemblée du peuple syrienne a tenu dimanche sa première session depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, en présence du président Ahmad al-Charaa. Les 210 députés ont prêté serment devant le chef de l’État.
La nouvelle Assemblée du peuple syrienne a tenu, dimanche à Damas, sa première session depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, en présence du président Ahmad al-Charaa. Les membres de l’Assemblée ont prêté serment devant le chef de l’État, plus d’un an et demi après la dissolution du précédent Parlement.
Le serment constitutionnel prononcé par les 210 députés
La séance a été ouverte par le président du Comité suprême pour les élections de l’Assemblée du peuple, Mohammad Taha al-Ahmad. Les députés ont ensuite prêté le serment prévu par le système électoral provisoire de l’Assemblée : « Je jure devant Dieu Tout-Puissant d’être loyal envers la patrie, de préserver l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale du pays, de respecter la Constitution et la loi, et d’accomplir mes devoirs avec honnêteté et sincérité. »
Un discours du président al-Charaa
Dans un discours prononcé à cette occasion, le président Ahmad al-Charaa a affirmé que l’humanité, depuis sa création, cherche le meilleur moyen de gérer ses intérêts. « La Syrie trace une histoire glorieuse qui reflète son héroïsme, et nous sommes devant la responsabilité de construire la patrie et l’individu avec responsabilité », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous sommes partenaires dans l’édification de la responsabilité, et l’Assemblée aujourd’hui est la tribune du droit et de la justice. » Le président de la République a appelé l’Assemblée à être un modèle de responsabilité et d’efficacité. Mohammad Taha al-Ahmad a de son côté qualifié la séance d’« historique », la décrivant comme symbolisant le sang des martyrs et un moment charnière confirmant que la Syrie s’est relevée des cendres de la guerre.
Une assemblée composée en deux temps
Le nouveau Parlement syrien compte 210 membres pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable. Cent quarante d’entre eux ont été élus au suffrage indirect en octobre dernier, au sein de collèges électoraux régionaux composés sous la supervision de la Haute Commission judiciaire pour les élections parlementaires, dont les membres avaient été nommés par le président. Les 70 derniers députés ont été directement nommés par Ahmad al-Charaa le 1er juillet, en vertu du décret n° 143 de 2026. La liste des membres nommés comprend des proches de martyrs, des survivants de détention et d’attaques chimiques, ainsi qu’un groupe d’universitaires, d’experts et de personnalités communautaires.
Une représentation féminine en légère hausse
Les nominations du 1er juillet portent la représentation des femmes au sein de l’Assemblée à un peu plus de 10%, contre 4% auparavant. Parmi les 70 députés nommés figurent quinze femmes, dont l’actrice Rouzaina Lazkani et Aïcha al-Debs, première femme nommée à un poste public depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition islamiste. L’envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie, Claudio Cordone, a salué une étape importante de la transition politique syrienne, tout en appelant à redoubler d’efforts pour garantir que toutes les institutions de l’État reflètent la diversité du pays.
Une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution
Conformément à la Déclaration constitutionnelle proclamée en mars 2025, qui fixe une période de transition de cinq ans, la nouvelle Assemblée du peuple assumera l’autorité législative jusqu’à l’adoption d’une constitution permanente et la tenue de nouvelles élections législatives.
