Le Sénat brésilien durcit l’accès à l’avortement pour les mineures victimes de viol
Le Sénat brésilien a annulé une norme du Conseil national des droits de l’enfant et de l’adolescent (Conanda), adoptée en 2024, qui encadrait l’accès à l’avortement légal pour les mineures victimes de viol.
La sénatrice Damares Alves a estimé que cette norme « néglige le rôle et affaiblit l’autorité des parents et des responsables légaux dans les décisions relatives à la prise en charge des filles et adolescentes victimes de violences sexuelles ».
L’examen du texte en séance plénière du Sénat s’est achevé en moins de deux minutes. Déjà approuvée par la Chambre des députés, la mesure doit encore franchir une dernière étape avant sa promulgation.
Le Conanda, organisme public chargé de promouvoir et de garantir les droits des enfants et des adolescents, a dénoncé une « grave régression » et une « défaite historique pour la protection des filles et adolescentes au Brésil ».
Le ministère des Droits humains et de la Citoyenneté a également critiqué la décision. La ministre Janine Mello a estimé que cette mesure allait « à contre-courant » des efforts déployés par les pouvoirs publics et la société civile pour renforcer la protection des mineurs victimes de violences sexuelles.
Plusieurs organisations de défense des droits des femmes et de l’enfance ont, elles aussi, dénoncé une procédure d’adoption accélérée, estimant que l’annulation de la norme risque d’affaiblir les mécanismes de prise en charge et d’accompagnement des victimes.
Au Brésil, l’avortement demeure interdit sauf dans trois situations prévues par la loi : lorsque la grossesse résulte d’un viol, lorsqu’elle met en danger la vie de la femme enceinte ou en cas d’anencéphalie du fœtus. En dehors de ces exceptions, il est passible de quatre ans de prison.
