Négocié pendant huit ans, l’accord intervient dans un contexte de tensions commerciales accrues, notamment après le relèvement des droits de douane américains, poussant les deux partenaires à accélérer leurs discussions. Concrètement, la quasi-totalité des droits de douane sur les biens européens exportés vers l’Australie disparaîtra, soit un allègement annuel estimé à environ 1,08 milliard de dollars pour les entreprises. À l’horizon de dix ans, les exportations européennes pourraient progresser d’environ un tiers.
Côté agricole, plusieurs produits (fruits, légumes, chocolat) entreront sans droits de douane dès l’entrée en vigueur. Le point de friction majeur, le bœuf, a été tranché au forceps. L’UE instaurera des quotas de 30.600 tonnes, dont environ 55 % exonérés de droits de douane, le reste soumis à des tarifs réduits.
Canberra et Bruxelles ont également élargi leur partenariat aux services, notamment les télécommunications et les finances, mais également à la sécurité et à la défense : échanges de renseignements intensifiés, coordination face aux menaces transnationales, coopération accrue contre la radicalisation en ligne et le financement du terrorisme. « L’Union européenne et l’Australie sont peut-être éloignées géographiquement, mais elles partagent une vision du monde profondément alignée », a déclaré Mme von der Leyen.
L’UE cherche à réduire sa dépendance à la Chine pour les minerais critiques, tandis que l’Australie diversifie ses débouchés dans une région indo-pacifique de plus en plus disputée. Le Premier ministre australien Anthony Albanese table sur un gain d’environ 7 milliards de dollars par an, porté notamment par l’accès facilité des minerais critiques australiens au marché européen, un enjeu central pour la sécurisation des chaînes d’approvisionnement industrielles.
Près de 39,96 milliards de dollars de biens ont été exportés par les entreprises européennes vers l’Australie en 2025, auxquels s’ajoutent environ 30,24 milliards de dollars de services en 2023.
