94% des enseignants marocains estiment que le numérique stimule l’intérêt des élèves (enquête)
Les résultats de l’enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage TALIS 2024 ont révélé que pour 94% des enseignants marocains du secondaire collégial, le numérique stimule l’intérêt des élèves.
En revanche, l’enquête, présentée par le directeur de l’Instance nationale d’évaluation, Hicham Ait Mansour, souligne que 44% des enseignants au collège et 39% au primaire considèrent le numérique comme une source de distraction. Elle fait également état d’un usage limité de l’intelligence artificielle (IA), ne dépassant pas 26,5% chez les enseignants du collège et 28% chez ceux du primaire, des niveaux inférieurs à la moyenne de l’OCDE (36%) et à celle de TALIS (37%).
L’enquête met par ailleurs en évidence le caractère relativement jeune du corps enseignant au Maroc, avec un âge moyen ne dépassant pas 40 ans, féminisé au primaire (64% des enseignantes) et marqué par une forte présence de débutants dans les deux cycles (30%). Ce dynamisme, malgré son potentiel de renouvellement, révèle des tensions structurelles persistantes, en particulier, la forte concentration des enseignants les moins expérimentés dans les contextes scolaires les plus fragiles qui pose avec acuité la question de l’équité territoriale et sociale.
S’agissant du niveau académique global, la part des enseignants titulaires d’une licence atteint 63% au collège et 62% au primaire, contre une moyenne TALIS de 48,5%.
En matière de formation initiale, le programme régulier, combinant discipline, pédagogie et pratique, demeure la voie de référence, suivi par environ 60% des enseignants au collège et au primaire, des taux inférieurs aux moyennes internationales de TALIS dépassant 70%. Les programmes accélérés ou spécialisés, conçus pour répondre aux besoins urgents ou intégrer des professionnels expérimentés, concernent 15% des enseignants du collège et 19% du primaire.
Au niveau de la gouvernance scolaire, les données démontrent que 80% des enseignants au collège et 82% au primaire déclarent avoir la possibilité de participer aux décisions de leur établissement, des niveaux proches des moyennes internationales.
Il ressort également de l’enquête que plus de 90% des enseignants saluent la vision des directeurs, leur soutien à la coopération et les retours constructifs fournis, tout en soulignant la confiance accordée à leur expertise professionnelle. Les relations entre enseignants et élèves sont jugées « positives », près de neuf enseignants sur dix déclarent entretenir de bonnes relations avec les élèves, prendre en compte leur bien-être, et soutenir ceux en difficulté.
S’agissant de la satisfaction des enseignants, 78% au collège et 71% au primaire ont choisi l’enseignement comme premier choix, des taux supérieurs à la moyenne internationale. Le plaisir d’enseigner dépasse 90% dans les deux cycles, tandis qu’environ 75% au collège et 72% au primaire apprécient les défis du métier, avec des niveaux élevés de satisfaction (92% et 93% respectivement).
Cette enquête internationale vise à analyser les perceptions des enseignants quant à leurs pratiques professionnelles et leurs conditions de travail, à examiner les pratiques pédagogiques et le niveau de développement professionnel, ainsi qu’à mettre en lumière les défis liés à l’intégration des technologies, au renforcement de l’équité et au développement des compétences socio émotionnelles des élèves, afin de contribuer à l’élaboration des politiques publiques en matière d’éducation et de formation.
