Rencontre maroco-espagnole : l’économie sociale et solidaire, moteur de développement territorial durable
Les participants à une rencontre maroco-espagnole, tenue mercredi à Salé, ont souligné l’importance de l’économie sociale et solidaire (ESS) en tant que moteur de développement territorial durable et levier de réduction des inégalités.
Intervenant à cette occasion, l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Enrique Ojeda Vila, a affirmé que l’ESS constitue un modèle économique à part entière fondé sur la primauté de la personne sur le capital, la gouvernance démocratique, l’ancrage territorial et la recherche de l’intérêt global.
Dans l’actuel contexte mondial, l’économie sociale et solidaire, qui ne se contente pas de corriger les effets du marché, mais propose une autre manière de produire, de consommer et de redistribuer la valeur, apporte une réponse concrète, pragmatique et mesurable, a-t-il fait valoir.
M. Ojeda Vila a rappelé qu’en Espagne, l’ESS représente plus de 43.000 entreprises et plus de 10% de l’emploi, avec une capacité de résistance remarquable face aux chocs économiques, précisant que l’adoption de la loi sur l’économie sociale en 2011 a permis une définition juridique claire, une reconnaissance institutionnelle au plus haut niveau et une meilleure coordination entre les pouvoirs publics et les acteurs de l’ESS.
Pour sa part, la directrice générale de l’Office du Développement de la Coopération (ODCO), Aicha Errifaai, a fait savoir que l’ESS constitue une vision de développement centrée sur l’humain, sur la solidarité et la capacité des territoires à construire leur propre dynamique.
L’économie sociale et solidaire, a-t-elle poursuivi, contribue à créer de l’emploi durable, en particulier pour les jeunes et les femmes, à renforcer la cohésion sociale, à valoriser les ressources locales et les savoir-faire ancestraux, à réduire les inégalités entre les territoires et entre les genres, ainsi qu’à encourager des formes innovantes d’entrepreneuriat collectif.
Mme Errifaai a indiqué que le Maroc dispose de plus de 65.000 coopératives regroupant environ 800.000 membres.
De son côté, le coordinateur des relations internationales de la Confédération espagnole des entreprises de l’économie sociale (CEPES), Carlos Lozano, a mis en exergue le rôle de cette confédération qui représente l’ensemble de l’économie sociale espagnole auprès du gouvernement, des institutions européennes et des acteurs économiques et sociaux.
Pour lui, l’économie sociale met la personne au centre de l’activité, a un impact sur le territoire et la cohésion sociale, et crée des économies plus équitables.
M. Lozano a insisté sur l’importance de mettre l’économie sociale dans l’agenda des travaux bilatéraux entre l’Espagne et le Maroc, relevant que les deux pays partagent des défis communs auxquels l’ESS pourrait apporter des solutions efficaces et proches des citoyens. À cet égard, le président du REMESS, Mounir El Ghazoui, a considéré l’ESS comme véritable moteur de développement territorial, soulignant que son ancrage territorial constitue sa force majeure en permettant de mobiliser les ressources locales, de valoriser les savoir-faire et de créer une dynamique d’inclusion pour les jeunes et les femmes dans les zones les plus éloignées.
Le projet porté avec les partenaires espagnols vise à renforcer les capacités des acteurs locaux, favoriser l’équité de genre à travers des projets générateurs de revenus gérés par des femmes, et créer des synergies entre les conseils régionaux, les services de l’État et les organisations de la société civile, a-t-il fait savoir. Lors de cette rencontre, des trophées ont été remis à l’ambassade d’Espagne au Maroc, à l’ODCO, au Conseil de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, au Conseil de la région de l’Oriental, à la Direction de la Promotion de l’Économie sociale et solidaire (DPEES), à la CEPES et à l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) en reconnaissance de leur engagement en faveur de l’ESS.
L’événement a été marqué également par la signature de deux conventions de partenariat entre Fondation Africaine pour l’Apprentissage Tout au Long de la Vie (FAATLV) et le REMESS d’une part, et entre le REMESS et la plateforme Kiwi collecte pour le soutien technique aux entreprises, la promotion du crowdfunding et le renforcement de la viabilité économique des initiatives citoyennes en ESS, d’autre part.

