Les métiers insolites de Paris, la face cachée de la ville lumière
Capitale de la mode, de la gastronomie ou encore de l’art et de la culture, Paris mondialement connue pour sa réputation de ville lumière, est souvent associée dans l’imaginaire collectif à sa Tour Eiffel, ses musées et son histoire millénaire. Mais la métropole française revêt aussi d’autres facettes plus discrètes, parfois surprenantes et tout aussi fascinantes, à l’image de ses innombrables « métiers insolites ».
Scaphandrier sous les eaux des canaux, éclusier, conservateur de cimetière, égoutier, tailleur de pierre ou encore tapissière… sont autant de métiers hors du commun que la ville souhaite aujourd’hui démystifier, invitant à la rencontre de ces femmes et ces hommes passionnés qui font vivre la capitale française autrement.
Avec les scaphandriers, on peut ainsi découvrir le travail de ces spécialistes de la plonge dans les profondes eaux des canaux parisiens (Saint-Denis, Saint-Martin, Ourcq) veillant à entretenir infrastructures et ouvrages d’art. Dans des conditions de visibilité « quasi nulle », ils vérifient l’étanchéité, soudent, réalisent des relevés techniques et contribuent à la sécurité hydraulique de la capitale.
Sur les canaux parisiens, il est aussi possible d’aller à la rencontre des éclusiers. Ces experts de la régulation du trafic fluvial gèrent à la manière d’un « contrôleur aérien » des voies d’eau, l’ouverture des vannes et le passage des bateaux. Depuis des salles de supervision high-tech, ils veillent au bon déroulement de la navigation sur les canaux parisiens.
Pour les amateurs de l’art en quête de décryptage des merveilles architecturales de Paris, une visite de ses lieux iconiques (Louvre, Notre-Dame…) ou une balade à travers ses rues haussmanniennes, ne sauraient avoir le même goût sans une discussion avec les tailleurs de pierre. Ces dépositaires d’un savoir-faire ancestral contribuent aujourd’hui à l’entretien du patrimoine architectural parisien.
À mi-chemin entre artisanat et art, ils façonnent des éléments architecturaux pour restaurer ou embellir les façades parisiennes, et partant redonner vie à ce patrimoine séculaire.
Autre métier des plus surprenants à découvrir à Paris, celui des égoutiers, les gardiens des entrailles de la ville. Ils arpentent les 2 600 kilomètres de galeries souterraines qui serpentent sous la capitale. Leur mission ? Nettoyer les collecteurs, curer les sédiments pour éviter tout bouchon, sécuriser les bassins de désensablement et surtout « maintenir un réseau vieux de plus de cent cinquante ans en état de marche », assure-t-on sur le site de la ville.
Au-delà des bâtiments et des infrastructures, la préservation du patrimoine parisien concerne aussi les objets et les mécanismes qui rythment la ville qui mobilisent de ce fait d’autres corps de métiers.
C’est le cas des horlogers municipaux qui restaurent et entretiennent les pendules historiques, certaines nécessitant plusieurs semaines de travail minutieux pour retrouver leur précision d’origine. De la pendule de cheminée aux horloges monumentales, chaque réparation exige dextérité et surtout patience, entre démontage, nettoyage et remontage.
Dans les cimetières parisiens, des conservateurs du patrimoine funéraire s’affairent, quant à eux, à inventorier, documenter et protéger les sépultures, afin de préserver l’histoire et la mémoire collective de la ville.
La notoriété de Paris en tant que capitale du luxe et des sens marque aussi de son empreinte l’émergence de vocations singulières, dont celle du nez qui fait référence à ces experts rarissimes de l’odorat capables d’identifier et de créer des milliers de fragrances.
Recrutés par de grandes maisons de parfum, ils suivent une formation longue et exigeante, où la mémoire olfactive est reine. Dans un autre registre sensoriel, certains artisans se spécialisent dans la restauration de tissus anciens, de livres rares ou même de décors d’opéra.
Derrière les façades emblématiques et les lumières de la capitale, ces métiers discrets rappellent que Paris ne se contemple pas seulement : elle se maintient, se répare et se transmet, jour après jour, par des mains passionnées.

