Le président libanais Joseph Aoun réclame un retrait israélien depuis Nabatiyé
Le président libanais Joseph Aoun a effectué samedi une rare visite dans le sud du Liban, où il a réaffirmé les revendications nationales sur le retrait israélien, le retour des déplacés et la reconstruction, au lendemain du report à octobre des discussions entre Israël et le Liban.
Une visite surprise dans le Sud-Liban
Le président libanais, Joseph Aoun, a effectué samedi 12 septembre une rare visite dans le sud du Liban, où il a répété la nécessité d’un retrait israélien de la région, d’un retour des déplacés et de la reconstruction des localités détruites. Accompagné du chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, il s’est rendu dans la ville de Nabatiyé, à quelques kilomètres de la crête d’Ali Taher, ancienne position clé du Hezbollah passée sous contrôle israélien, où l’armée israélienne a dynamité cette semaine des fortifications souterraines du mouvement pro-iranien. Il s’agit de la première visite du président dans le sud du pays depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah début mars.
Un déplacement au lendemain d’un report diplomatique
Cette visite intervient au lendemain de l’annonce du report à octobre d’un nouveau cycle de discussions entre Israël et le Liban, initialement prévu la semaine prochaine en Italie. Nabatiyé, régulièrement visée par des frappes israéliennes, se trouve à proximité de la zone dite de « sécurité » qu’Israël a établie au Liban sur une bande d’environ 10 kilomètres le long de la frontière.
Des engagements pour la population locale
Devant les habitants de Nabatiyé, dont la plupart ont fui les combats, Joseph Aoun a déclaré : « Nous sommes à vos côtés et examinons la manière d’assurer tous les services nécessaires pour que vous restiez ici et pour garantir votre sécurité ». Il a ajouté : « Le retrait d’Israël, le retour des prisonniers, des déplacés, ainsi que la reconstruction, constituent des constantes nationales que l’État s’engage à mettre en œuvre ». Devant l’hôpital de la ville, dont de nombreux bâtiments gouvernementaux et sites emblématiques ont été détruits, le président a salué « la ténacité » du personnel médical qui continue, selon lui, de risquer sa vie pour assurer le minimum de services.
Une escalade meurtrière ces derniers jours
Des frappes israéliennes dans la région ont fait au moins 29 morts en moins d’une semaine, dont 12 membres d’une même famille. En réaction, l’armée libanaise a averti mercredi que cette escalade israélienne menaçait l’application, dans le sud du Liban, de l’accord-cadre conclu en juin sous médiation américaine, qui avait entraîné une baisse des hostilités. Cet accord prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » évacuées par Israël, sous réserve d’un désarmement du Hezbollah.
Une tournée prolongée dans une zone pilote
Après Nabatiyé, Joseph Aoun s’est rendu dans l’une de ces zones pilotes, à Zawtar al-Gharbiya, où il a inspecté les unités de l’armée déployées sur place et observé les positions de l’armée israélienne dans les environs, à Zawtar al-Charqiya, selon la présidence libanaise. Des responsables israéliens affirment régulièrement vouloir rester dans le sud du Liban pour assurer la sécurité du nord d’Israël. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré vendredi : « Nous sommes prêts à poursuivre la campagne, à continuer de frapper le Hezbollah ». Le mouvement islamiste, qui a entraîné le Liban dans la guerre avec Israël le 2 mars, rejette l’accord-cadre et refuse de déposer les armes.
