Trump plaide pour une Irlande « unifiée » en visite à Dublin
En déplacement en Irlande pour assister à un tournoi de golf organisé dans un complexe appartenant à sa famille, le président américain Donald Trump a créé la surprise en se disant favorable à une Irlande « unifiée », rompant avec la neutralité traditionnelle de Washington sur ce dossier.
Une sortie inattendue sur l’unification irlandaise
De passage en Irlande pour une visite qui s’annonçait davantage consacrée au golf qu’à la diplomatie, le président américain Donald Trump a plaidé samedi 12 septembre pour une Irlande « unifiée ». Lors d’un point presse avec le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, à Dublin, il a répondu à un journaliste l’interrogeant sur une éventuelle unification de la République d’Irlande et de l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni : « J’aimerais beaucoup » voir cela se produire, a-t-il affirmé, ajoutant : « Je pense que ce serait fantastique » et que cela « finira par arriver ». Les États-Unis affichaient jusqu’ici une position de neutralité sur ce dossier.
Une position britannique inchangée
Londres s’en tient aux accords de paix signés en 1998 pour mettre fin aux hostilités en Irlande du Nord, selon lesquels un référendum peut être organisé si une majorité d’habitants de la province britannique est susceptible d’approuver une unification. Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, avait récemment tranché que ce sujet n’était « pas d’actualité », une position à laquelle Downing Street a renvoyé sans réagir directement aux propos de Donald Trump. Selon un sondage réalisé en mai 2026 par l’Institut des études irlandaises de l’université de Liverpool, seuls 35% des Nord-Irlandais se disent favorables à une unification.
Un nouvel épisode après les Malouines
Cette sortie s’ajoute à une autre prise de position récente de Donald Trump sur un dossier territorial sensible pour Londres : il s’était dit ouvert à toute éventualité concernant les Malouines, archipel de l’Atlantique sous administration britannique de fait mais dont l’Argentine revendique la souveraineté, un contentieux ayant conduit à une guerre entre les deux pays en 1982. Samedi, il a jugé qu’il serait « capable de régler » un éventuel conflit autour de ce territoire.
Une réception contrastée à Dublin
La présidente irlandaise, Catherine Connolly, figure de la gauche irlandaise ayant déjà critiqué Donald Trump par le passé, l’a brièvement reçu samedi matin et lui a offert un recueil du poète de Belfast Michael Longley, mort en 2025, connu pour un sonnet écrit pendant les Troubles en Irlande du Nord intitulé « Ceasefire ». Elle lui a fait savoir, selon un communiqué de la présidence, que « la normalisation de la guerre et du génocide ne pouvait jamais être acceptée », une référence implicite à la cause palestinienne, que l’Irlande défend avec une ardeur particulière sur la scène internationale. La rencontre avec Micheal Martin a en revanche été plus chaleureuse, Donald Trump assurant entretenir une « excellente » relation avec le chef du gouvernement irlandais malgré des différends sur le commerce ou le Moyen-Orient.
Une manifestation d’opposition dans le centre de Dublin
Au moins 4.000 policiers et membres des forces de sécurité ont été mobilisés pour cette visite, qui a donné lieu à une manifestation ayant rassemblé plusieurs milliers de personnes selon une estimation de l’AFP, beaucoup brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes hostiles au président américain. Un manifestant de 70 ans a estimé auprès de l’AFP que Donald Trump devrait d’abord mettre fin aux « tueries » à Gaza avant de se prononcer sur l’unification de l’Irlande.
Une visite tournée vers le golf
Après son entretien avec le chef du gouvernement irlandais, Donald Trump a rejoint son golf de Doonbeg, sur la côte ouest du pays, où il doit séjourner jusqu’à dimanche à l’occasion de l’Open d’Irlande, vantant les mérites de cette propriété qu’il a qualifiée d’« un des meilleurs au monde ». Environ 40.000 spectateurs sont attendus pendant le week-end.
