Le Parlement européen renforce sa politique migratoire avec la création de « hubs de retour »
Le Parlement européen a donné jeudi son feu vert pour un renforcement de la politique migratoire de l’UE, notamment en approuvant le concept de « hubs de retour », des centres pour envoyer des migrants en dehors du territoire de l’Union.
La Commission européenne a ainsi présenté un texte visant à augmenter le nombre d’expulsions, qui a été validé jeudi en conférence à Bruxelles par une grande majorité d’eurodéputés de la droite, de l’extrême droite et du centre. Ce texte autorise les Etats membres à ouvrir des centres pour migrants dans des pays en dehors de l’UE, pour y envoyer, et éventuellement d’y détenir, des personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui font face à une obligation de quitter le territoire.
La nouvelle législation prévoit également des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés d’asile refusant de quitter le territoire de l’UE, comme des confiscations de documents d’identité, des détentions et des interdictions d’entrée prolongées sur le territoire.
La loi inclut en outre une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel Etat membre, l’objectif étant par exemple qu’une décision prise en France puisse s’appliquer en Espagne et vice-versa.Ce texte permettra de « garantir simplement ce principe simple : si vous venez illégalement en Europe, soyez sûr que vous n’y resterez pas », a indiqué l’eurodéputé François-Xavier Bellamy.
De son côté, Marta Welander, de l’ONG humanitaire International Rescue Committee, a estimé que ce vote constitue « un recul historique des droits des réfugiés », s’inquiétant de la multiplication des « détentions de personnes vulnérables, y compris d’enfants ».
