La chute des réserves de change de l’Algérie s’accélère

Les réserves de change de l’Algérie ont baissé à 121,9 milliards de dollars à fin septembre, contre 178 milliards de dollars en 2014, année du début de la baisse drastique des cours du pétrole, a indiqué mercredi la Banque d’Algérie.

"Les réserves de change étaient de 129 milliards de dollars à fin juin dernier et 144 milliards de dollars à fin 2015", a déclaré le gouverneur de la Banque centrale algérienne, Mohamed Loukal, devant une commission parlementaire.

Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal avait promis il y a quelques semaines que les réserves de change de l’Algérie ne baisseront pas sous la barre des 100 milliards de dollars en 2019, alors que la Banque mondiale avait situé le montant des réserves de change de l’Algérie, à l’horizon 2018, à 60 milliards de dollars.

Sous l’effet de cette crise pétrolière, le déficit commercial de l’Algérie a atteint 15,04 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2016, soit une hausse de près de 3 milliards dollars par rapport au niveau enregistré à la même période en 2015 qui est de l’ordre de 12,53 milliards de dollars, contre un excédent de 20,2 milliards de dollars en 2012.

La situation financière du pays reste très tendue suite au plongeon des cours du pétrole et plusieurs experts sont sceptiques sur la capacité de l’exécutif à inverser la tendance et à épargner à la population de drastiques mesures d’austérité.

Le projet de loi de finances 2017 contient plusieurs nouvelles dispositions visant à faire face à la chute des recettes pétrolières. Après la hausse des taxes instaurée en 2016, les prix des carburants vont de nouveau augmenter en 2017.

La baisse des revenus de l’Etat a fini par dicter une nouvelle politique financière portant sur la réduction considérable des dépenses de fonctionnement et d’équipement.

Pour renflouer le budget et éviter un grave déficit, l’Etat a revu également de fond en comble le dispositif de taxation ciblant principalement les particuliers.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la taxe intérieure de consommation ont été revues à la hausse, en sus de l’introduction de nouvelles taxes, qui ne rendront le pouvoir d’achat des Algériens que fortement menacé.

Le projet de loi de finances 2017 suggère par exemple l’introduction d’une ”procédure accélérée" qui permet de délivrer le passeport biométrique dans un délai maximum de huit jours de la date de dépôt de la demande, contre le paiement d‘un timbre de 25.000 DA pour le livret de 28 pages et de 45.000 DA pour celui de 48 pages.

D’après le Fonds monétaire international, le pays a besoin d’un baril de plus de 110 dollars pour maintenir ses équilibres budgétaires et préserver sa position financière extérieure, désormais dans une situation critique.

Des projections officielles estiment qu’avec une moyenne de 50 dollars le baril, les réserves en devises chuteront à 9 milliards de dollars dans quatre ans, contre quelque 200 milliards en 2012.

(Source : MAP)

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