Assassiné mardi, le fils de Mouammar Kadhafi, Saif al-Islam, a été inhumé, vendredi 6 février, à Bani Walid dans l’ouest de la Libye, bastion des partisans du régime de son père qui ont manifesté en grand nombre avant des funérailles sous haute surveillance policière.
Des milliers de personnes, arrivées pour beaucoup la veille, ont assisté aux obsèques dans cette ville située à 170 km au sud de Tripoli.
Le parquet en Libye a annoncé, mercredi 4 février, avoir ouvert une enquête sur l’assassinat de Saïf Al-Islam Kadhafi.
L’identité des auteurs et leurs motivations restent inconnues. Cet assassinat pourrait raviver les tensions dans un pays toujours coupé en deux.
Un « commando de quatre hommes a pris d’assaut la maison après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’exécuter par balle », le 3 février 2026, a déclaré l’avocat de Saïf Al-Islam.
Le commando de quatre tueurs masqués est arrivé à bord d’un pick up, à Zinten, dans le nord-ouest de la Libye. Il n’a laissé aucune chance à sa cible, abattue sans résister. Puis il est reparti sans être inquiété.
Agé de 53 ans, autrefois considéré comme le probable successeur de son père, Seïf el-Islam Kadhafi vivait reclus à Zinten, protégé par une milice locale.
Pendant longtemps, Seïf el-Islam a tenté de donner un visage moderne au régime baroque créé par son père. Il a reçu un diplôme de la prestigieuse London School of Economics, laquelle avait bénéficié d’un don libyen. Il se présentait alors comme modéré, mais quand le soulèvement contre le régime de son père a commencé, il a menacé de tuer jusqu’au dernier rebelle.
Après un long séjour en prison et des poursuites devant la Cour pénale internationale, Seïf al-Islam Kadhafi a tenté un retour sur le devant de la scène en 2021, lorsqu’il a été question d’organiser des élections présidentielles en Libye.
L’ex-porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a dénoncé un acte « perfide », en affirmant qu’il lui avait parlé il y a deux jours. « Il voulait une Libye unie et souveraine, sûre pour tous ses habitants. Ils ont assassiné l’espoir et l’avenir, et semé la haine et le ressentiment », a-t-il écrit sur X.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye peine à retrouver sa stabilité et son unité. Deux exécutifs s’y disputent le pouvoir : le gouvernement d’unité nationale (GNU) installé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU; et un exécutif à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Haftar et ses fils qui ont étendu leur présence militaire au sud du pays.
Pour l’expert Emad Badi, la mort de Seif al-Islam Kadhafi est « susceptible de le transformer en martyr aux yeux d’une partie conséquente de la population, tout en modifiant les équilibres électoraux en écartant un obstacle majeur à l’élection présidentielle ». Car « sa candidature et ses chances de succès (avaient) constitué un point central de controverse », a-t-il expliqué sur X.

