“Grève du pain” au Maroc: le gouvernement dit refuser “la logique du chantage”

Le gouvernement marocain a affirmé jeudi refuser "la logique du chantage" et "toute atteinte au pouvoir d’achat", en réaction à la "grève du pain" de 48 heures des boulangers du Maroc.

"Le marché n’a pas été affecté par ce mouvement puisque l’approvisionnement pour ce produit de première nécessité s’est fait de manière normale", a déclaré le ministre et porte-parole, Mustapha Khalfi, à l’issue d’une réunion du conseil de gouvernement.

Cité par l’agence MAP, il a en outre fait valoir que le taux de grévistes n’avait pas dépassé les 16%.

Mercredi, la Fédération nationale des boulangeries et pâtisseries (FNBPM), qui compte 13.000 adhérents, avait lancé une "grève du pain" de 48 heures, réclamant une hausse des prix, une revendication sensible alors que plus de 100 millions d’unités sont consommées chaque jour dans ce pays de 35 millions d’habitants, selon la FNBPM.

Au Maroc, le prix du pain dit "de base" est étroitement réglementé. Il est actuellement fixé à 1,20 dirham (soit environ 10 centimes d’euros).

Selon le quotidien L’Economiste, en même temps que la conclusion d’un contrat-programme avec l’Etat, les professionnels réclamaient une augmentation de 10 à 30 centimes, arguant d’un coût d’environ 1,50 dirham l’unité malgré l’existence de subventions publiques.

Dans les années 1980, à la suite d’une hausse du prix de produits de base, des "émeutes du pain" avaient éclaté dans plusieurs grandes villes, faisant de nombreuses victimes.

Pressé d’engager des réformes pour réduire son déficit public, le gouvernement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD) a décidé de limiter le coût de la caisse subventionnant des produits de grande consommation, devenue au fil des ans un gouffre financier.

Le prix de l’essence a été libéralisé en janvier, et celui du diesel partiellement. Mais il s’est gardé jusque-là de toucher aux produits comme la farine ou le sucre.

Le 6 avril, une manifestation nationale est par ailleurs prévue à Casablanca par trois des syndicats du pays pour "défendre le pouvoir d’achat et la dignité des salariés".

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