France : le professeur Paty désigné à son meurtrier pour de l’argent par des élèves (procureur)

Samuel Paty, l’enseignant décapité vendredi dans un attentat islamiste, avait été désigné à son meurtrier peu avant le drame par des collégiens en échange de 300 à 350 euros, a déclaré mercredi le procureur antiterroriste, précisant que sept personnes étaient présentées à un juge pour “complicité d’assassinat terroriste”. 

Samuel Paty, l’enseignant décapité vendredi dans un attentat islamiste, avait été désigné à son meurtrier peu avant le drame par des collégiens en échange de 300 à 350 euros, a déclaré mercredi le procureur antiterroriste, précisant que sept personnes étaient présentées à un juge pour “complicité d’assassinat terroriste”.

Deux mineurs de 14 et 15 ans font partie de ces sept personnes. Ils sont accusés d’avoir désigné l’enseignant à l’assaillant, devant le collège en échange d’une somme d’argent, a dit Jean-François Ricard.

“A son arrivée aux abords du collège vers 14H00 (12H00 GMT), Abdullakh Anzorov cherchait à identifier sa victime et abordait pour ce faire un élève pour une somme de 300 à 350 euros”, a raconté M. Ricard.

Deux collégiens ont alors donné une description physique de la victime au tueur et sont restés à ses côtés. Peu avant 17H00 (15H00 GMT), “plusieurs adolescents en lien avec les premiers ont désigné à l’assaillant Samuel Paty au moment où il sortait du collège”, a ajouté le procureur.

Juste après avoir “remis le reliquat de la somme” promise au collégien, l’assassin s’est lancé sur les traces du professeur.

Selon le procureur, Abdoullakh Anzorov avait fait savoir aux deux premiers collégiens qu’il voulait “humilier et frapper” Samuel Paty et “l’obliger à demander pardon” pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet.

“Poursuivre de jeunes mineurs dans un dossier terroriste n’est pas une chose inédite mais interroge”, a-t-il déclaré.

Parmi les autres personnes présentées au juge antiterroriste, figurent un parent d’élève, Brahim C., et un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, qui avaient “nommément désigné le professeur comme cible sur les réseaux sociaux”.

Brahim C. avait posté plusieurs vidéos dans lesquelles il “tenait des propos menaçants” à l’égard de Samuel Paty au sujet d’un cours sur la liberté d’expression auquel avait, disait-il, assisté sa fille.

Celle-ci faisait bien partie d’une classe à laquelle cet enseignant a dispensé un cours sur la liberté d’expression, le 6 octobre, mais elle était absente ce jour-là car malade, selon le procureur.

En marge de ces vidéos, Brahim C. avait été en contact par messages avec l’assaillant.

Cet attentat s’inscrit dans un “contexte d’appels aux meurtres” lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre avant l’ouverture du procès sur les attentats de janvier 2015 à Paris, selon M. Ricard.

Il a ainsi évoqué une attaque au hachoir perpétrée le 25 septembre devant les anciens locaux du journal satirique et “trois communications” d’Al-Qaïda et de sa branche yéménite qui incitaient au “meurtre” des personnes à l’origine de la rediffusion de ces dessins.

“Une quinzaine d’enquêtes” pour des faits d'”apologie du terrorisme”, de “menaces de mort” ou de “provocation” au crime ont été ouvertes depuis l’assassinat du professeur, a par ailleurs annoncé le parquet de Paris.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite