France/grippe aviaire: confinement préventif des volailles dans 45 départements

Les autorités françaises ont passé jeudi 45 départements en risque “élevé” d’introduction de la grippe aviaire par les oiseaux migratoires, obligeant notamment à confiner les volailles, en espérant éviter ainsi un retour de cette maladie redoutable pour l’élevage.

Un arrêté officiel justifie ces restrictions par “la nécessité de prendre des mesures de prévention urgentes et immédiates pour protéger les élevages de volailles français d’une potentielle contamination par le virus influenza aviaire par les oiseaux sauvages, en particulier dans les zones à risque ou les départements traversés par des couloirs de migration”.

Des départements connus pour leur production de foie gras, comme les Landes et le Gers, dans le sud-ouest, figurent parmi ces territoires.

Un retour de la grippe aviaire aurait des conséquences économiques majeures pour la filière, qui pourrait voir se fermer les débouchés à l’exportation.

Les éleveurs de canards du Sud-Ouest ont été frappés à deux reprises, lors des hivers 2015/16 et 2016/17, par des épizooties de grippe aviaire, qui avaient occasionné des abattages massifs pour éradiquer la maladie et coûté des centaines de millions d’euros aux producteurs.

Le risque reste qualifié de “modéré” dans les autres départements.

Depuis janvier 2018, et jusqu’à fin octobre, le risque était encore considéré comme “négligeable” dans tout le pays.

La France est, à ce jour, indemne de ce virus qui ne présente aucun danger pour l’homme mais est très contagieux pour les oiseaux.

Le passage à un risque “élevé” déclenche l’instauration de mesures de protection renforcées, dont l’obligation de confinement des animaux évoluant habituellement en plein air ou de pose de filets pour empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour les élevages professionnels et les basses-cours des particuliers.

“On n’est pas surpris” par ce relèvement du niveau de risque “compte tenu de l’évolution dans les autres pays d’Europe”, a déclaré à l’AFP Anne Richard, directrice de l’interprofession Anvol, qui rassemble les producteurs de poulets, dindes et canards (hors production de foie gras).

“On est beaucoup mieux préparés que les fois précédentes”, a-t-elle ajouté, soulignant qu’il y avait eu “énormément d’investissements et de formations à la biosécurité”.

Dans son arrêté, le ministère de l’Agriculture explique ainsi “prendre en compte l’évolution sanitaire défavorable vis-à-vis de l’influenza aviaire dans l’avifaune en Europe”.

Après l’apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan cet été, l’épizootie a progressé vers l’ouest, atteignant récemment les Pays-Bas.

“Depuis, une dynamique d’infection s’est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Le 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le nord-ouest de l’Angleterre”, souligne le ministère.

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