Enquête en Australie : les géants du carburant sous le feu des soupçons de pratiques anticoncurrentielles
Le régulateur australien de la concurrence a ouvert jeudi une enquête visant les principaux fournisseurs de carburant, soupçonnés de pratiques anticoncurrentielles dans un contexte de tensions liées à la guerre au Moyen-Orient.
Dans un communiqué, la Commission australienne de la concurrence et de la consommation (ACCC) indique examiner des allégations visant notamment Ampol, BP Australia, Mobil Oil Australia et Viva Energy Australia, en lien avec l’approvisionnement en diesel des grossistes indépendants opérant dans les zones rurales et régionales.
« Nous surveillons de près l’ensemble des marchés du carburant et avons reçu des signalements de comportements potentiellement anticoncurrentiels. Nous menons donc cette enquête en urgence », a souligné la présidente de l’ACCC, Gina Cass-Gottlieb.
« Ce n’est pas notre pratique habituelle d’annoncer des enquêtes, mais compte tenu de l’importance du sujet, nous confirmons cette procédure », a-t-elle ajouté, évoquant les inquiétudes des consommateurs, entreprises et agriculteurs.
L’enquête intervient alors que la demande de carburant s’accélère, alimentée par des achats de précaution, mettant sous tension les chaînes d’approvisionnement, notamment dans les régions.
Le gouvernement assure toutefois que les livraisons de carburant se poursuivent normalement, malgré les incertitudes liées au détroit d’Ormuz, axe clé du commerce mondial d’hydrocarbures, tout en reconnaissant des ruptures localisées, alimentées par une hausse soudaine de la demande.
Plus de 520 millions de litres supplémentaires ont été mobilisés pour soutenir les zones les plus exposées, tandis qu’un groupe de travail national coordonne désormais la distribution.
Canberra met en garde contre un impact durable du conflit : l’inflation pourrait atteindre 5 % cette année, et un scénario prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner une contraction du PIB de 0,6 % en 2027, soit environ 16,5 milliards USD.
