Des réformes structurelles et ciblées s’imposent pour lever les obstacles qui freinent le financement du commerce en Afrique, notamment en matière de disponibilité des devises, de digitalisation et d’intégration financière régionale, recommande la Banque africaine de développement (BAD) dans la 5ème édition de son rapport sur le financement du commerce en Afrique.
Publié à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD, qui se tiennent jusqu’au 29 mai à Brazzaville, ce rapport, couvrant la période 2020-2024, dresse un tableau nuancé d’un continent qui résiste, mais qui peine encore à mobiliser suffisamment de ressources pour financer ses échanges commerciaux. Le déficit de financement du commerce est resté, en effet, compris entre 74 et 92 milliards de dollars en 2024, les besoins non satisfaits représentant 5,4% de la valeur totale des échanges de marchandises du continent, précise la même source.
Parmi les obstacles identifiés, la pénurie de liquidités en devises étrangères s’est imposée comme la contrainte principale, citée par 36% des banques interrogées, contre 18% lors de la période 2015-2019.
Sur le volet digital, le rapport révèle que seules 28% des banques interrogées ont adopté des outils ou plateformes digitales pour leurs opérations de financement du commerce, malgré une reconnaissance quasi-unanime de leurs bénéfices (rapidité de traitement, transparence accrue, réduction des coûts et sécurité renforcée).
Le rapport salue néanmoins le rôle décisif joué par les institutions de financement du développement (IFD), dont la BAD, qui ont facilité en moyenne 32 milliards de dollars de financement commercial par an entre 2020 et 2024. Sans ce filet de sécurité, le déficit annuel aurait pu dépasser les 100 milliards de dollars sur la même période, souligne le document.
Parmi les signaux encourageants, ledit rapport fait état d’une progression significative du commerce intra-africain intermédié par les banques, qui représente désormais 34% du total des échanges bancaires, soit une hausse de 89 points de pourcentage par rapport aux niveaux d’avant-pandémie (2011-2019).
Par ailleurs, six des sept principales banques de confirmation sont désormais africaines, contre seulement deux dans les précédentes éditions. Il s’agit d’un indicateur fort de la montée en puissance des acteurs financiers régionaux.
