Arabie: un comité de l’ONU demande la libération de Loujain al-Hathloul en grève de la faim

Le Comité des droits de la femme de l’ONU a demandé jeudi “la libération immédiate” de la militante Loujain Al-Hathloul en grève de la faim depuis le 26 octobre, alarmé par la détérioration de son état.

Dans un communiqué, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, organe composé d’experts indépendants, appelle à la libération immédiate d’Al-Hathloul et de toutes les autres militantes de la cause des femmes en détention.

Loujain al-Hathloul a entamé sa grève de la faim le 26 août et la détérioration de son état de santé est “profondément alarmante”, selon ces experts.

A l’approche de la journée internationale pour les femmes défenseures des droits de l’homme, le 29 novembre, le Comité a appelé le roi saoudien Salmane à utiliser ses prérogatives royales pour permettre sa libération.

Le Comité se dit “sérieusement préoccupé par les informations récentes concernant les conditions de la détention prolongée de Mme Al-Hathloul, notamment les rapports selon lesquels elle n’est pas autorisée à avoir des contacts réguliers avec sa famille”.

Agée de 31 ans, Loujain al-Hathloul a longtemps milité pour le droit des Saoudiennes à conduire et pour la fin de la tutelle mettant la femme à la merci totale de l’homme.

Elle a été arrêtée avec d’autres militantes en mai 2018, peu avant la levée de l’interdiction de conduire faite aux Saoudiennes.

Loujain al-Hathloul a rencontré le Comité de l’ONU en février 2018 pour partager ses observations sur la situation des droits des femmes en Arabie Saoudite.

“Trois mois après cette réunion, elle a été arrêtée et est depuis détenue pour des raisons de sécurité nationale, en partie en raison de son engagement avec le Comité, selon les accusations portées contre elle”, a indiqué l’organe de l’ONU.

“Les défenseurs des droits de l’homme ont le droit de communiquer avec l’ONU, et ils doivent le faire sans crainte ni représailles d’aucune sorte”, ont pointé les experts.

Ils expliquent également que Ryad avait assuré en février au Comité que le procès de Loujain al-Hathloul aurait lieu en mars, mais ils soulignent que l’audience a été reportée à plusieurs reprises depuis.

La famille de Mme Hathloul affirme que celle-ci a été victime, en détention, de harcèlement sexuel et de torture.

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