Conflit pakistano-afghan : une trêve temporaire annoncée entre Islamabad et Kaboul
Le Pakistan et l’Afghanistan ont déclaré, mercredi, une suspension temporaire de leur conflit qui dure depuis fin février dernier. Cette trêve, instaurée à la suite d’une demande de médiation de l’Arabie saoudite, de la Turquie et du Qatar, est entrée en vigueur à minuit, côté pakistanais, et se poursuivra jusqu’à lundi, coïncidant avec la célébration de l’Aïd al-Fitr.
Attaullah Tarar, le ministre pakistanais de l’Information, a cependant prévenu que la trêve pourrait être immédiatement annulée en cas d’attaque transfrontalière, de frappe de drone ou d’incidents terroristes sur le sol pakistanais.
Cette décision de trêve survient deux jours après une frappe aérienne pakistanaise sur un hôpital de désintoxication à Kaboul, qui aurait causé plus de 400 morts, selon les autorités afghanes. L’hôpital Omid, capable d’accueillir 2.000 patients, a été touché en soirée lundi, déclenchant un incendie dévastateur.
Islamabad a qualifié le bilan avancé par Kaboul de “propagande”, le ministre Tarar affirmant que les frappes visaient uniquement des “infrastructures terroristes” et un dépôt de munitions, rejetant ainsi les accusations d’avoir intentionnellement frappé l’hôpital Omid.
Des funérailles collectives ont été organisées mercredi à Kaboul pour plus de 50 victimes dont les restes n’ont pu être identifiés. Des cercueils en bois brut, sous une pluie légère, ont été déchargés devant le cimetière, certains renfermant les restes de plusieurs personnes.
Ce nouvel épisode de violence s’inscrit dans un conflit intensifié depuis fin février, lorsque l’Afghanistan a réagi à des frappes pakistanaises, rompant ainsi un cessez-le-feu négocié par le Qatar en octobre dernier.
Les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan se sont détériorées depuis la prise de Kaboul par les talibans en août 2021. Islamabad accuse Kaboul d’héberger des militants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), responsables d’attaques sur son territoire, accusation que le gouvernement afghan conteste.
