Castex tente de donner un tour de vis sur la sécurité à Nice

Confronté à la montée en puissance du sujet de l’insécurité après plusieurs épisodes de violences, Jean Castex va tenter d’y apporter une réponse samedi avec deux de ses ministres à Nice, où des tirs ont éclaté en plein jour devant un supermarché lundi.

Le chef du gouvernement, qui a fait de cette question l’une de ses priorités, sera accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Il doit faire une allocution à midi à la préfecture.

Jeudi, M. Castex avait évoqué en annonçant ce déplacement “un sujet essentiel, majeur”, promettant “des annonces concrètes” pour lutter contre des actes “profondément inadmissibles”.

“Nous assistons à une crise de l’autorité. Il faut stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société. Il faut réaffirmer l’autorité de l’État, et ne rien laisser passer”, a insisté de son côté M. Darmanin vendredi soir dans une interview au Figaro.

Déjà venu dans la capitale azuréenne jeudi, le ministre de l’Intérieur avait adopté la même posture martiale en promettant de “faire plier ceux qui veulent faire plier la République”, tout en dénonçant “une minorité d’emmerdeurs qu’il faut absolument confondre par la loi”.

A Nice, des coups de feu avaient été tirés en plein jour devant un supermarché du quartier sensible des Moulins, connu notamment pour être un lieu de trafic de drogue dans la ville. Une vidéo avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

“Au-delà des faits graves qui ont eu lieu au quartier des Moulins” qui donneront lieu à des “annonces locales”, “le Premier ministre réaffirmera sa détermination à faire cesser les violences du quotidien”, a fait savoir vendredi soir Matignon.

Dès sa déclaration de politique générale, le 15 juillet, M. Castex avait promis “une réponse ferme et sans complaisance” à des “faits inacceptables qui exaspèrent les Français”, évoquant plusieurs épisodes récents. Il avait cité les violences “commises dans les quartiers des Grésilles et de Chenôve à Dijon”(où il s’est rendu une semaine après sa nomination), “l’attaque ignoble contre un chauffeur de bus à Bayonne, les guets-apens tendus aux représentants des forces de l’ordre et à nos pompiers dans certains quartiers, les trafics en bas des cages d’escaliers, la banalisation de la délinquance du quotidien”.

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a enfoncé le clou mardi en assurant qu’il serait “intraitable” sur les incivilités à l’égard notamment des forces de l’ordre et des pompiers pour qu’elles ne deviennent pas “une habitude”.

 “Tolérance zéro”
“Je l’ai toujours dit et je le redis avec fermeté, c’est la tolérance zéro”, avait appuyé le chef de l’Etat.

Jean Castex, qui avait réservé l’une de ses premières visites de terrain à un commissariat de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) est très attendu sur ces sujets, qui offrent un angle d’attaque aux oppositions de gauche comme de droite, critiques sur la stratégie de l’exécutif face aux questions régaliennes.

Plusieurs responsables de son ancienne formation politique, LR, sont notamment montés au créneau ces derniers jours, à commencer par le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a demandé lundi des “moyens supplémentaires” et un “plan d’action immédiat permettant de rétablir l’ordre”, jugeant la situation du quartier des Moulins “très préoccupante”. Une unité de force mobile composée d’une soixantaine d’agents a été dépêchée sur place dans la foulée.

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a, lui, demandé vendredi à l’État “d’assumer ses missions régaliennes” et d’en finir avec les “zones de non-droit et le sentiment d’impunité”.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen avait pour sa part affirmé au lendemain de la déclaration de politique générale de M. Castex que les Français ne voulaient “plus être payés de mots” et voulaient “des actes” contre “l’ensauvagement” de la société.

Alors que la visite ministérielle doit débuter par un dépôt de gerbe et une minute de silence au Mémorial en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet 2016, qui avait fait 86 morts, M. Darmanin a aussi martelé vendredi sa volonté de “combattre avec la première énergie” l’islamisme.

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