Yémen: le Pakistan pourrait activer le pacte de La Mecque après les frappes houthies sur l’Arabie saoudite
Le ministre pakistanais de la Défense a averti que le pacte de La Mecque pourrait devenir opérationnel après les frappes houthies ayant blessé au moins 73 personnes en Arabie saoudite, tandis que la position de la Turquie sur une éventuelle intervention reste incertaine.
Islamabad prêt à honorer le pacte trilatéral
Le Pakistan pourrait mener des frappes aériennes contre les Houthis en réponse à leur attaque contre l’Arabie saoudite, conformément à l’accord de défense conjointe de La Mecque, si Riyad en faisait la demande. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a déclaré mardi soir que l’accord de défense trilatéral entre le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie deviendrait opérationnel en cas d’agression contre le Royaume. « Toute agression non provoquée ou tout débordement de ce qui se passe au Yémen vers l’Arabie saoudite rendra définitivement cet accord opérationnel ; il ne doit y avoir aucun doute là-dessus », a-t-il affirmé sur la chaîne Geo News, ajoutant : « Nous sommes liés par les termes et conditions de ce pacte, et nous les honorerons si le besoin s’en fait sentir ».
Des frappes ayant blessé au moins 73 personnes
Ces déclarations interviennent après des frappes menées mardi par les rebelles houthis du Yémen contre plusieurs villes du sud de l’Arabie saoudite, notamment Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, faisant au moins 73 blessés selon un dernier bilan. Le Pakistan a condamné ces attaques, les qualifiant de violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume saoudien. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif les a pour sa part qualifiées d’acte « lâche » mettant en danger des vies innocentes et menaçant la paix et la sécurité régionales.
Un pacte signé en pleine crise régionale
L’accord de défense conjointe de La Mecque a été signé le 7 août 2026 par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Le texte prévoit qu’une attaque armée contre l’un des trois signataires soit considérée comme une attaque contre l’ensemble du pacte.
La position turque encore incertaine
Si l’engagement pakistanais semble désormais assumé publiquement, la position de la Turquie reste, à ce stade, moins claire. Le président Erdogan n’a pas commenté publiquement une éventuelle activation du pacte à la suite des frappes houthies contre l’Arabie saoudite.
