Session de printemps du parlement : l’action gouvernementale scrutée par la majorité et l’opposition à l’approche des élections du 23 septembre
Cette session, qui intervient à quelques mois des élections de la chambre des représentants prévues le 23 septembre, sera donc l’occasion de scruter l’action gouvernementale menée au cours de cette législature.
Elle constituera également une occasion d’évaluer les politiques publiques, tant à travers les séances plénières consacrées aux questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement que par le biais des commissions thématiques où sont examinés l’exécution du budget général et présentés des bilans illustrant le niveau de réalisation des programmes de développement ainsi que les engagements sociaux pris par le gouvernement.
La session de printemps devrait également s’atteler sur l’adoption de projets de loi stratégiques, parmi lesquels figurent le projet de loi relatif au Conseil national de la presse, le projet de code pénal et le code du travail.
À ce sujet, le président du groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme (majorité) à la Chambre des représentants, Allal Amraoui, a déclaré à la MAP que cette session comporte de nombreux enjeux sur les plans représentatif, communicationnel, législatif et de contrôle, ainsi que sur le plan diplomatique.
Il a souligné que la majorité s’emploiera à affiner et à examiner des textes législatifs majeurs, ajoutant que la session de printemps offrira également l’occasion de renforcer les fonctions de contrôle notamment en ce qui concerne le suivi des engagements du gouvernement et d’activer les mécanismes d’évaluation des politiques publiques tout en examinant les rapports des commissions thématiques.
Selon M. Amraoui, le bilan de la Chambre des représentants est « positif à différents niveaux », ajoutant que l’institution législative poursuivra l’examen de projets majeurs qui contribueront à la consolidation de la démocratie, des droits humains ainsi que du développement durable et inclusif.
Concernant la diplomatie parlementaire, il a indiqué que le Parlement « a joué un rôle actif dans l’accompagnement de la dynamique que connaît la diplomatie nationale, en particulier en ce qui concerne la question du Sahara marocain et le renforcement des relations avec différents pays », soulignant que le Parlement « a contribué à ces démarches via des mécanismes de proposition, d’ouverture et de plaidoyer ».
Pour sa part, le président du groupe Haraki (opposition), Driss Sentissi, a estimé que les débats parlementaires porteront principalement sur les questions sociales et économiques les plus pressantes, en particulier le pouvoir d’achat et le coût de la vie, ainsi que sur les enjeux liés à l’emploi, à l’éducation, à la santé et aux disparités territoriales et sociales.
Il a également indiqué que cette session sera l’occasion de présenter le bilan du gouvernement, d’évaluer le Plan Maroc Vert et de discuter du dernier rapport de la Cour des comptes, considérant que ces étapes permettent de mesurer le niveau de réalisation en lien avec les engagements pris, tout en consolidant le principe de corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes.
En revanche, il a salué la dynamique du parlement à travers les initiatives législatives des parlementaires, estimant que ces initiatives se heurtent souvent à une faible interaction gouvernementale, ce qui fait que leur mise en œuvre relève davantage d’une démarche formelle que d’un véritable processus législatif.
De son côté, le professeur de droit constitutionnel et de sciences politiques à l’Université Hassan II de Casablanca, Mohamed Zinedine, a estimé que la session de printemps aura un caractère exceptionnel, compte tenu de sa coïncidence avec les préparatifs des prochaines élections, ce qui impose des enjeux multiples et différents pour la majorité comme pour l’opposition, dans un agenda législatif dense et contraint par le temps, tant en termes de rythme que de contenu.
L’universitaire a également souligné que cette session constituera un espace de débat politique riche, où l’évaluation du bilan de l’action gouvernementale se croisera avec la préparation des prochaines élections, ajoutant que cette session sera marquée par l’examen de projets de loi majeurs touchant la vie sociale à tous les niveaux.
