Michael Rubin : « Il est temps que l’ONU fasse fermer les camps du Front Polisario à Tindouf »

Dans un tribune publiée le 25 mars 2026 sous le titre « It’s Time for the U.N. To Shut Down the Polisario Front Camps in Tindouf« , Michael Rubin, ancien officiel du Pentagone, rappelle la genèse  du conflit autour du Sahara marocain et souligne qu’au plus fort de la guerre froide, l’Algérie et Cuba, mandataires de l’Union soviétique, ont créé le Front Polisario, qui se présentait comme les dirigeants autoproclamés de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD).

« Ils se souciaient peu du peuple sahraoui, dont la plupart préférait faire partie du Maroc et cherchaient plutôt à utiliser la question sahraouie pour affaiblir le Maroc, l’un des pays les plus fidèles, modérés et occidentalisés du monde arabe », affirme l’auteur de la tribune.

Indiquant qu’en 1991, le Conseil de sécurité des Nations unies a créé la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) afin d’organiser un recensement et un référendum visant à déterminer le statut souhaité pour la région du Sahara occidental, Michael Rubin souligne que « les responsables de l’ONU espéraient qu’avec l’effondrement de l’Union soviétique, l’obstacle diplomatique à la résolution du conflit prendrait enfin fin ».

« Ce ne fut pas le cas et, au cours des trente-cinq dernières années, non seulement la MINURSO n’a pas mené à bien sa mission, mais elle ne l’a jamais vraiment commencée. La junte militaire algérienne avait compris qu’un référendum libre et équitable mettrait à nu sa fraude et délégitimerait son mandataire, le Polisario ; elle a donc multiplié les obstacles à tout recensement, inondant les listes électorales proposées de personnes qui n’avaient jamais vécu au Sahara occidental et qui, dans de nombreux cas, n’étaient même pas sahraouies », précise-t-il.

Pour cet ancien officiel du Pentagone, en tant que premier contributeur financier des Nations unies, des opérations de maintien de la paix et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les États-Unis ont tout intérêt à réduire les fonds alloués à des missions impossibles à mener à bien, ajoutant que le gouvernement algérien et son proxy le Polisario affirment que 173 000 réfugiés vivent dans des camps de la province isolée de Tindouf, en Algérie, à 1 600 km d’Alger et de la population côtière du pays.

Le nombre réel est probablement plus proche de 40 000, bien que les Algériens gonflent ce chiffre pour escroquer les donateurs et détourner l’aide humanitaire, relève-t-il, rappelant qu’en 2007, l’Office européen de lutte antifraude a mis en lumière le détournement par l’Algérie de l’aide destinée aux réfugiés sahraouis.

« Parallèlement, des diplomates rapportent avoir vu des marchandises données aux camps de Tindouf revendues sur des marchés en Algérie et dans toute la région du Sahel. Par ailleurs, près de la moitié des résidents des camps de Tindouf ne sont techniquement pas des réfugiés du Sahara occidental, mais ont plutôt été transférés vers ces camps depuis d’autres régions d’Algérie, du Mali ou de Mauritanie », poursuit Michael Rubin.

Et de rappeler: « La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés était très précise quant à la définition des réfugiés, mais une génération de diplomates et de travailleurs humanitaires bien intentionnés a laissé s’imposer une interprétation extensive, accordant le statut de réfugié à presque toute personne qui franchissait les frontières ou en faisait la demande. De nombreux États européens, par exemple, accordent la protection des réfugiés à des migrants économiques et ferment les yeux sur le retour de ces mêmes migrants dans leur pays d’origine pour des vacances, voire pour s’y installer définitivement, une fois qu’ils ont droit aux prestations sociales européennes. Pour les Sahraouis, le statut de réfugié a créé un aléa moral en perpétuant un problème au lieu de permettre sa résolution naturelle ».

Pour Michael Rubin, « Bien que le HCR ne gère pas directement les camps de Tindouf – il laisse cette tâche à un conseil des réfugiés du Polisario –, il leur fournit des vivres et dispose d’un bureau secondaire dans la province. Cela doit cesser. Le Polisario est un mouvement totalitaire qui, en substance, retient les résidents des camps en otages », indiquant que si une mère souhaite rendre visite à ses parents à Laâyoune, par exemple, le Polisario retiendra ses enfants en bas âge en otages jusqu’à son retour ».

« Lorsque des solutions existent aux problèmes des réfugiés, le HCR devrait les faciliter ; avec des budgets si serrés dans un contexte de baisse massive de la contribution américaine, l’agence des Nations unies pour les réfugiés ne devrait pas contribuer, même indirectement, à leur maintien. Les Nations unies ayant approuvé le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara, il n’y a aucune raison de maintenir la fiction selon laquelle les Sahraouis ne peuvent pas rentrer chez eux. Le Maroc a désormais à son actif plusieurs décennies de traitement généreux et d’intégration des rapatriés », souligne cet ex-officiel du Pentagone.

« Cela  ne signifie pas pour autant une amnistie », tient à préciser Michael Rubin.

« Le HCR procède à des vérifications et empêche les anciens soldats du régime d’Assad qui ont du sang sur les mains de bénéficier de sa protection au Liban. De même, les sbires du Polisario qui ont kidnappé, tué ou commis des actes de terrorisme devraient être traduits en justice au Maroc s’ils y reviennent. S’ils souhaitent rester en Algérie, qu’il en soit ainsi », note-t-il.

« Mais, selon Michael Rubin; il est temps que les Nations unies, le HCR et les pays donateurs reconnaissent que la meilleure façon de protéger les véritables réfugiés est de cesser de gaspiller de l’argent pour ceux qui sont capables de rentrer chez eux, au Maroc, mais qui en sont cyniquement empêchés ».

 

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