Les tensions le long de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan ont de nouveau éclaté alors que les hostilités ont repris mercredi, après l’expiration d’une trêve de courte durée. Selon les autorités talibanes, cette escalade a déjà coûté la vie à au moins deux civils et blessé plusieurs autres dans l’est de l’Afghanistan.
Cette flambée de violence survient peu après une trêve convenue entre les deux pays, médiée par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, à l’occasion de la fête de l’Aïd Al-Fitr. D’après Ziaur Rahman Speenghar, un responsable afghan, des bombardements pakistanais ont eu lieu dans les districts de Narai et de Sarkano, entraînant des pertes civiles.
En réponse, les forces afghanes ont riposté en détruisant trois postes militaires pakistanais, faisant également un mort du côté pakistanais. Les accusations fusent des deux côtés, Islamabad affirmant que les forces afghanes ont initié l’échange de tirs.
Cette escalade survient juste une semaine après un accord de cessation des hostilités, qui avait été conclu après des frappes aériennes pakistanaises en Afghanistan, lesquelles avaient été dénoncées par Kaboul comme ayant causé plus de 400 morts, ciblant un hôpital de traitement des toxicomanies. Islamabad, quant à lui, a nié avoir ciblé des civils, affirmant viser un dépôt de munitions.
Dans un contexte parallèle, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) a également repris ses attaques au sein du Pakistan, après une courte trêve pour l’Aïd, intensifiant les tensions dans la région. Ce groupe, allié mais distinct des talibans afghans, a été désigné comme organisation terroriste par les États-Unis et les Nations Unies, et est accusé par Islamabad de bénéficier de la protection afghane.
Le gouvernement pakistanais a déclaré qu’il continuerait à cibler le TTP et ses alliés tant que le gouvernement taliban n’apportera pas de garanties concernant l’utilisation du territoire afghan pour mener des attaques.
