Belgique : hommage aux soldats marocains tombés lors de la bataille de Gembloux
Des cérémonies commémorant le 86ème anniversaire de la bataille de Gembloux, qui porte notamment la mémoire des soldats marocains tombés au champ d’honneur pour la libération de l’Europe du joug nazi et fasciste, ont été organisées, dimanche, dans les communes de Gembloux et de Chastre, en Belgique.
Ces cérémonies se sont déroulées en présence de responsables politiques et diplomatiques ainsi que de personnalités civiles et militaires, dont le Haut-Commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’armée de libération, Mustapha El Ktiri, l’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand-Duché du Luxembourg, Mohamed Ameur, ainsi que plusieurs membres de la communauté marocaine en Belgique.
Dans ces deux hauts lieux de souvenir, les personnalités présentes, dont le ministre d’Etat belge, André Flahaut, le ministre de l’Action sociale au gouvernement de la région Bruxelles-Capitale, Ahmed Laaouej et l’Ambassadeur de France en Belgique, Xavier Lapeyre de Cabanes, ont rendu un vibrant hommage aux tirailleurs marocains, ainsi qu’aux soldats français et d’autres nationalités, pour leur courage, leur bravoure et leur sacrifices lors de la Seconde Guerre mondiale.
Les participants à ces cérémonies ont mis en exergue l’importance de cette bataille, qui représente l’un des rares succès tactiques des Alliés face à l’avancée des troupes allemandes lors de cette phase de la guerre, ainsi que les valeurs de cohésion et de respect mutuel qui ont réuni les frères d’armes marocains, français et belges sur le champs de bataille, sans distinction de culture ou d’origine.
Dans une allocution à cette occasion, M. Ameur a souligné que cette commémoration n’offre pas seulement l’occasion d’honorer le souvenir d’une bataille mémorable, mais surtout et avant tout, d’affirmer avec force la solidité des liens qui unissent le Maroc, la France et la Belgique, notant que mai 1940 est une date qui « reste gravée dans les mémoires, car elle marque le déclenchement de la campagne de 1940 et rappelle le courage de ces hommes qui, face à l’adversité, ont choisi de tenir bons à Gembloux au prix de leur vie ».
« L’engagement des soldats français et marocains, ainsi que leurs frères d’armes maghrébins et africains, fut déterminant dans cette bataille », a-t-il indiqué, ajoutant que ces combattants ont fait preuve d’un héroïsme qui a littéralement infléchi le cours des événements, dans des conditions climatiques et militaires particulièrement éprouvantes.
Cette histoire glorieuse « ne doit pas rester confinée aux livres de spécialistes et aux cercles de commémoration », a-t-il estimé, appelant à transmettre aux jeunes générations les enseignements de cette épopée pour promouvoir les valeurs universelles de courage, de solidarité et de respect entre les peuples, qui permettent aussi de lutter contre les préjugés et montrer que « la diversité est une réalité historique scellée dans la fraternité des combats ».
Dans une déclaration à la MAP, M. El Ktiri a souligné que la bataille de Gembloux symbolise le courage et l’héroïsme dont avaient fait preuve les vaillants soldats marocains, en réponse à l’appel de feu Mohammed V de soutenir les alliés contre le fascisme et le nazisme et pour défendre le droit des peuples à l’existence et à la liberté.
La commémoration de ce 86ème anniversaire de cette bataille historique est également une occasion de rappeler le rôle que le Royaume a toujours joué en première ligne de défense des valeurs universelles, en plus de préserver la mémoire historique nationale et celle partagée avec les pays amis, a-t-il ajouté.
Le 14 mai 1940, les soldats du 7ème Régiment des Tirailleurs Marocains arrivés sur le front après deux jours de marche, se sont aussitôt heurtés aux troupes nazies. La Division marocaine supporta l’essentiel de la poussée allemande et résista malgré de lourdes pertes.
Le haut commandement français prévoyait d’ordonner le repli pour éviter l’encerclement, mais les soldats marocains ont réussi à repousser les nazis au prix de centaines de morts, dont les dépouilles reposent aujourd’hui sur le champ de bataille à Chastre.
