Le Japon procède à la plus grande libération de réserves pétrolières stratégiques de son histoire
Le Japon a lancé jeudi la plus grande libération de réserves pétrolières stratégiques de son histoire, en réponse à la perturbation des approvisionnements causée par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
La mesure intervient après que l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz à la suite des frappes américano-israéliennes lancées le 28 février. Le Japon dépend du Moyen-Orient pour plus de 90% de ses importations de brut, une vulnérabilité qui expose la nation asiatique à un risque sérieux de pénurie énergétique. Par ailleurs, 15 jours de réserves privées nippones ont commencé à être débloqués la semaine dernière, auxquels viendront s’ajouter, pour la première fois, des stocks détenus conjointement par trois pays producteurs du Golfe dans des installations situées sur le sol japonais, soit cinq jours supplémentaires de consommation.
Les premières livraisons ont débuté depuis la base de Kikuma, dans la préfecture d’Ehime (ouest), via un pipeline relié à une installation exploitée par Taiyo Oil. Huit autres bases entreront en activité d’ici la fin du mois, notamment à Shirahama (Kitakyushu) et dans les préfectures de Nagasaki et Kagoshima début avril. Le stockage national est réparti sur 11 sites à travers le pays.
Majoritairement du brut destiné à être raffiné en essence et en diesel, le pétrole libéré sera cédé pour environ 540 milliards de yens (3,38 milliards de dollars américains) à quatre distributeurs, dont Taiyo Oil et Eneos Corp.
Selon des données datant de fin 2025, les réserves totales du Japon atteignaient environ 470 millions de barils, soit 254 jours de consommation. Malgré cela, le prix moyen de l’essence à la pompe a atteint mi-mars un niveau record de 190,80 yens (1,19 USD) le litre, poussant le gouvernement à rétablir des subventions pour contenir la hausse.
