Les Italiens votent pour un référendum constitutionnel sur la réforme de la justice
Les bureaux de vote se sont ouverts dimanche à travers toute l’Italie pour un référendum constitutionnel sur la réforme de la justice, qui se poursuivra jusqu’à lundi.
Ce scrutin décisif porte sur un texte à sept articles, dont la principale mesure consiste à mettre fin à une singularité italienne: l’appartenance des juges et des procureurs à un corps unique doté d’une gouvernance autonome et organisé en courants politiques.
La réforme entend séparer les carrières des juges et des procureurs de même qu’elle modifie le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe en charge des affectations, mutations et promotions des juges.
Selon de nombreux observateurs, le vote est interprété comme un test pour le gouvernement italien, au terme d’une campagne électorale marquée par l’affrontement entre la classe politique et la magistrature ainsi que par des échanges particulièrement virulents, au point de contraindre le président de la République Sergio Mattarella à appeler à la modération.
Alors que la majorité défend le « oui » comme une étape clé pour « compléter » le processus de réforme de la justice et la rendre plus méritocratique, une partie significative de la magistrature et des oppositions appelle à rejeter le texte, jugé « sans impact » sur l’efficacité réelle du système judiciaire en Italie.
Dans un message vidéo, la présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni avait qualifié, récemment, cette réforme constitutionnelle d' »occasion historique de rendre le système judiciaire plus méritocratique, plus responsable, plus efficace ».
Quant à l’opposition, elle y voit « une tentative de mainmise » du pouvoir sur les magistrats, critiquant une réforme qui ne s’attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées.
