Si la plupart des forces politiques en présence n’ont pas officiellement fait état d’accords avec d’autres formations en vue du 2e tour, les tractations ont déjà fait émerger une série de fusions et, même, de désistements.
D’après le ministère de l’Intérieur, seules peuvent se présenter les listes ayant déjà obtenu 10% des suffrages exprimés, leur composition pouvant être modifiée à condition que la liste des candidats inclus ait recueilli, au premier tour, au moins 5% des suffrages.
+La mairie de Paris stratégique pour les partis+
Les projecteurs sont particulièrement braqués sur les grandes métropoles comme Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse et surtout Paris où la bataille reste entière avec quatre candidats en lice pour le second tour.
Même si le prétendant socialiste à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire est arrivé en tête au premier tour, l’ex-ministre Rachida Dati (Les Républicains) est toujours dans la course en vue de faire basculer la capitale à droite, après 25 ans de gouvernance socialiste.
La candidate LR a, d’ailleurs, réussi à fusionner avec la liste de Pierre-Yves Bournazel (centre-droit), tandis que les socialistes ont écarté tout rapprochement avec la France Insoumise (LFI, extrême gauche).
Deuxième plus grande ville en France, Marseille a connu l’annonce du retrait de Sébastien Delogu (LFI), laissant le maire sortant Benoît Payan seul à gauche rivaliser avec l’extrême droite.
+A Lyon, Toulouse et Nantes, des duels gauche-droite+
Dans la métropole lyonnaise, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, soutenu par les socialistes, a pris de court la classe politique en annonçant une alliance avec LFI au lendemain du premier tour où il parvient à contrer la poussée du favori des sondages, Jean-Michel Aulas (36,8%), à la tête d’une liste de la droite et du centre.
La tendance semble globalement similaire à Toulouse où les candidats insoumis, PS et écologistes ont fait front commun pour tenter de battre le maire de droite sortant, Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête des suffrages dimanche dernier.
Dans cette perspective, une éventuelle alliance avec le Rassemblement national (RN, extrême droite) pourrait être envisagée afin de barrer la route devant la coalition de gauche, sachant que la liste du parti d’extrême droite n’a pas été en mesure de se qualifier au tour suivant (5,4%).
A Nantes, la socialiste Johanna Rolland, à la tête de la mairie depuis 2014, a fini par céder aux appels à une fusion avec la liste des Insoumis pour tenter de contrer la montée en force de la droite qui n’a pas dirigé la ville depuis 1989.
Dans la ville de Bordeaux, le retrait surprise de Philippe Dessertine ouvre la voie à un duel ouvert entre Thomas Cazenave (centre-droit) et l’écologiste Pierre Hurmic, alors qu’à Nice, la bataille se joue à droite entre le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et Eric Ciotti (UDR, allié du RN).
Devant cette rivalité, la candidate de la gauche balaie toute idée de retrait et ferme la porte à l’appel d’Estrosi en faveur d’un front républicain pour faire barrage à l’extrême droite.
Dans le même contexte, le second tour dans la capitale alsacienne Strasbourg donnera lieu à une triangulaire indécise entre la gauche, le centre-gauche et la droite. Sont en lice l’ex-maire socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête au premier tour (25,9%), le candidat de la droite Jean-Philippe Vetter, et la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian.
A l’heure où la question des alliances avec l’extrême droite et l’extrême gauche revient avec insistance dans les villes, les chefs des grands partis plaident en faveur d’un grand rassemblement de leurs formations avec les mouvements proches.
Mercredi en conseil de ministres, le président français Emmanuel Macron a mis en garde contre les « arrangements des partis » avec les « extrêmes » des deux bords de l’échiquier politique, qui « demeurent dangereux pour la République ».
Dans une déclaration à la presse à l’issue de ce conseil, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmé que M. Macron « a insisté sur le fait que les arrangements des partis ne devaient pas faire oublier quelques principes. D’une part, on ne peut pas oublier les discours et les actes d’excès, d’où qu’ils viennent, et d’autre part, on ne peut pas oublier les principes républicains ».
