Tunisie/Présidentielle : Kais Said, “la révolution légale”

Dans un petit appartement loué à Tunis pour les besoins de sa campagne, il reçoit les journalistes malgré la fatigue. Il cite les grands philosophes, sourit de temps en temps, déroule des concepts complexes.

Pour le candidat Kaies Said, les électeurs ont fait "une révolution légale" en le propulsant en tête du premier tour de la présidentielle.

Q- Vous avez créé la surprise en arrivant en tête du premier tour, selon des résultats encore partiels. Quel est selon vous le message des électeurs tunisiens ?

R- Les électeurs ont adressé un message clair, tout à fait nouveau. Ils ont fait une révolution dans le cadre de la légalité, une révolution dans le cadre de la Constitution. Ils veulent quelque chose de nouveau. Nous avons besoin d’une nouvelle pensée politique.

Aujourd’hui, je me retrouve à la première place parce que je n’ai pas fait une campagne électorale classique, j’ai fait une campagne explicative, axée sur les moyens juridiques (constitutionnels) qui permettront aux jeunes de réaliser leurs rêves et leurs aspirations, d’être des individus qui exercent leur souveraineté tous les jours.

Q- Les électeurs ont manifesté de fortes attentes au plan social. Quelles seront vos priorités si vous êtes élu?

R- Les problèmes sociaux ne seront pas résolus par le pouvoir central. Ce sera le problème du peuple, qui trouvera les solutions. Je ne vends pas un programme, c’est aux citoyens de le fixer, de faire les grands choix pour dépasser la misère. Cela doit émaner d’eux.

A Sidi Bouzid, à Kasserine (régions défavorisées du centre de la Tunisie, ndlr), les jeunes sont capables de fixer leur programme à partir de leurs préoccupations, de leur vie quotidienne. Ils ont des solutions.

La société civile sera le principal acteur. Nous avons besoin d’une nouvelle organisation politico-administrative, axée sur la démocratie locale, et dont la base sera des conseils locaux, avec des élus révocables en cours de mandat.

Q – Vous êtes réputé avoir des positions très conservatrices sur les questions de société.

R – La Tunisie a toujours été un pays ouvert, c’est une société modérée. Je suis ouvert à toutes les idées modernistes. On peut discuter. Par exemple, sur la peine de mort (il s’est prononcé pour, ndlr), c’est un débat très ancien mais ce n’est pas notre priorité. Le débat continuera certainement. Ce qui m’importe c’est de chercher ensemble à mettre fin au crime.

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