Tunisie : manifestation et grève générale à Tataouine

Plus d’un millier de personnes ont manifesté dans cette ville du sud tunisien, théâtre de mouvements de protestations depuis une quinzaine de jours.

Plus d’un millier de personnes ont manifesté mardi à Tataouine, une des principales villes du sud tunisien, où une grève générale a également été observée pour dénoncer la marginalisation et réclamer développement et emploi. Située aux portes du désert, à environ 500 kilomètres au sud de Tunis, cette cité de plusieurs dizaines de milliers d’habitants est le théâtre de mouvements de protestations depuis une quinzaine de jours. Une délégation ministérielle s’est rendue sur place le 4 avril, sans parvenir à apaiser la grogne.

« Nous avons besoin d’eux ici »

« L’emploi est un droit et non pas une faveur », « non au recul de nos droits », ont notamment scandé le millier de manifestants. Cafés, boutiques et institutions publiques ont gardé leurs rideaux baissés, à l’exception des pharmacies, des boulangeries et des hôpitaux. « Nous allons avoir nos droits à Tataouine ! Nous ne pouvons plus nous taire ! Je suis affamé, je mange du pain dur, je suis dans le besoin, je n’en peux plus ! » s’est emporté Fathi Azlouk, un quinquagénaire au chômage.

L’appel à la grève générale a été maintenu malgré les mesures annoncées la veille par le chef du gouvernement Youssef Chahed, à l’issue d’une réunion avec les ministres de l’Emploi, de l’Industrie, des représentants du syndicat UGTT, du patronat Utica et des députés de la région. Parmi ces décisions figurent l’ouverture dans la région de représentations des compagnies pétrolières, le bitumage d’une route, l’organisation d’une journée de sensibilisation sur l’énergie et l’emploi ou encore la tenue d’un conseil des ministres à Tataouine le mois prochain. « Ces décisions n’ont rien à voir avec Tataouine ! […] Nous avons besoin d’eux ici pour que nous puissions discuter et pour qu’ils puissent connaître l’opinion des jeunes », a réagi Mongi Boukri, lui aussi au chômage.

La Tunisie connaît actuellement d’autres mouvements sociaux, à Kairouan et au Kef, dans le centre et le nord-ouest du pays. Six ans après sa révolution, l’unique rescapé du Printemps arabe n’est toujours pas parvenu à résoudre les maux (pauvreté, chômage, corruption…) à l’origine de la révolte contre la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali. L’an dernier, le pays a connu sa plus importante contestation sociale depuis 2011 après le décès d’un jeune lors d’une manifestation pour l’emploi à Kasserine (Centre).

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite