Référendum sur la constitution égyptienne: L’opposition dénonce des “fraudes”

Le Front du salut national (FSN), une coalition des principaux mouvements d’opposition, a dénoncé des "violations" des règles électorales de la part des partisans du chef de l’Etat lors du référendum sur le projet controversé de la constitution.

Dans un communiqué, le Front du salut national (FSN) souligne que "l’étendue des infractions (…) dévoile une intention claire de truquer la volonté des électeurs de la part des Frères musulmans, dans le but de faire passer la Constitution de la confrérie".

Pour le Front, présidé par l’ancien directeur général de l’agence internationale de l’énergie atomique Mahamed ElBaradei, ces violations ont été constatées dans tous les gouvernorats et par le biais de moyens en grande partie similaires.

Il a dans ce sens appelé "les instances concernées à assumer leurs responsabilités pour garantir la transparence" de cette opération, et "le peuple égyptien à se rendre aux bureaux de vote pour dire ‘non’ et à empêcher toute tentative de truquer sa volonté ".

Plus de 51 millions d’Egyptiens ayant atteint l’âge de 18 ans, ainsi que 500.000 ressortissants égyptiens résidant à l’étranger peuvent prendre part au vote.

Le déroulement du scrutin est surveillé par près de 7.000 juges et représentants du parquet. Les résultats officiels ne seront annoncés qu’après la fin du second tour du scrutin lors d’une conférence de presse organisée par la Commission électorale supérieure.

L’opposition égyptienne, qui avait au départ protesté contre la tenue du référendum, a finalement accepté d’y prendre part dans l’espoir "d’obtenir l’annulation de cette Constitution" qui, selon les contestataires, "ne répond pas aux intérêts du peuple égyptien".

Elle conditionne son appel à se rendre aux urnes à quatre conditions qui, si elles ne sont pas "remplies samedi", première journée du scrutin, le pousseraient à exhorter les Egyptiens à l’abstention.

L’opposition demande aussi la présence d’un juge devant chaque urne, que la sécurité soit garantie à l’intérieur et à l’extérieur des bureaux de vote, une supervision nationale et internationale du scrutin, et surtout que le vote n’ait lieu que sur une seule journée.

L’opposition, qui dénonce de même une "dérive autoritaire" de la commission constituante accusée d’être largement dominée par les islamistes, accuse le projet de Constitution, entre autres, d’offrir peu de garanties pour les libertés d’expression et de religion.

Le 22 novembre, le président égyptien Mohamed Morsi a publié une Déclaration constitutionnelle qui élargissait les compétences du chef de l’Etat et a annoncé la date du référendum sur la Constitution. Confronté à une contestation croissante, le président égyptien a publié le 8 décembre une nouvelle Déclaration, annulant la précédente, mais les opposants égyptiens l’ont également rejetée.

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