Selon un communiqué de l’armée thaïlandaise, des forces cambodgiennes « ont tiré une grenade de 40 mm » près d’une patrouille thaïlandaise mardi matin, avant que les soldats thaïlandais ne ripostent « avec un lance-grenade M79 (…) à titre d’avertissement et d’autodéfense ». Aucun blessé n’a été signalé côté thaïlandais.
Le porte-parole de l’armée thaïlandaise, Winthai Suvaree, a estimé que « les actions du Cambodge violaient l’accord de cessez-le-feu » du 27 décembre, qui avait mis fin à trois semaines d’affrontements meurtriers.
L’armée thaïlandaise a toutefois émis l’hypothèse que l’incident pourrait résulter « d’une rotation des troupes cambodgiennes, le nouveau personnel n’étant pas familiarisé avec les règlements ».
« Ces allégations sont totalement fausses, inventées de toutes pièces et déforment grossièrement les faits », a déclaré le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, dénonçant une tentative délibérée de « provoquer des tensions ». Il a néanmoins réitéré « l’engagement indéfectible » du Cambodge envers la trêve.
Cet incident survient alors que les deux royaumes d’Asie du Sud-Est s’opposent de longue date sur le tracé de leur frontière commune de 800 kilomètres, héritage de la période coloniale française.
Le conflit a dégénéré à plusieurs reprises en 2024 et début 2025, faisant des dizaines de morts des deux côtés (militaires et civils) et provoquant le déplacement de plus d’un million de personnes.
Les tensions demeurent vives depuis la trêve de décembre. Le Cambodge accuse la Thaïlande de s’être emparée de plusieurs zones frontalières et réclame le retrait de ses troupes, tandis que Bangkok avait accusé Phnom Penh début janvier d’une violation précédente du cessez-le-feu.
