Mali: le principal parti d’opposition appelle à une participation massive malgré l’enlèvement de son chef

Le principal parti d’opposition au Mali a appelé samedi à une “participation massive” aux législatives de dimanche, malgré l’enlèvement de son chef Soumaïla Cissé et du nombre croissant de cas de coronavirus dans ce pays en proie aux violences et aux attaques jihadistes.

Plusieurs autres partis et mouvements de l’opposition ont en revanche appelé à un report de l’élection à cause du coronavirus, alors que le pays comptait samedi 18 cas confirmés.

On était toujours sans nouvelle samedi de M. Cissé, 70 ans, arrivé deuxième à trois reprises de l’élection présidentielle.

Chef de file officiel de l’opposition, il a été enlevé mercredi par des hommes armés non identifiés alors qu’il faisait campagne dans son fief électoral de Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord).

Il s’agit d’un enlèvement sans précédent pour une personnalité nationale depuis le début du conflit au Mali en 2012.

En “ces heures difficiles que traverse notre pays, plus que jamais, les militantes et militants du parti sont résolument invités à redoubler d’efforts pour une participation massive du parti aux élections du 29 mars 2020”, écrit dans un communiqué l’Union pour la République et la Démocratie (URD), formation présidée par M. Cissé.

“Nous devons faire en sorte que le parti sorte encore plus grandi de cette épreuve”, ajoute la direction de l’URD, qui compte 18 députés dans l’assemblée sortante.

Le Mouvement patriotique pour le renouveau (MRP) de Choguel Maïga, le Congrès d’initiative démocratique (Cnid), l’ancien ministre Moussa Sinko Coulibaly ou encore le mouvement de soutien à l’influent imam Mahmoud Dicko (CMAS) ont appelé à un report du scrutin en raison de la propagation du coronavirus.

Trois candidats ont annoncé leur retrait de la course à la députation: Moussa Ben Deka Diabaté, Chérif Mohamed Haïdara et Oumar Diop.

Les Maliens doivent renouveler les 147 sièges du Parlement en deux tours, dimanche et le 19 avril. Le mandat de cette assemblée issue des élections de 2013, qui avaient octroyé une majorité substantielle au président nouvellement élu, Ibrahim Boubacar Keïta, était censé s’achever fin 2018.

La crise sécuritaire et des querelles politiques ont contraint à le prolonger jusqu’à début mai 2020.

L’un des enjeux du scrutin est tout simplement qu’il puisse se tenir partout, alors qu’une large partie du territoire est en proie à des violences quasiment quotidiennes et échappe à l’autorité que l’Etat cherche à rétablir.

Dans cette situation déjà plus que précaire, le président Keïta a décidé malgré tout de maintenir les législatives malgré l’apparition mercredi des premiers cas de coronavirus au Mali, jusque-là l’un des rares pays d’Afrique encore épargnés.

Les électeurs sont invités à respecter les “gestes barrière” pendant les opérations de vote.

En Mauritanie voisine, le gouvernement a annoncé samedi l’interdiction de la  circulation entre les régions du pays à partir de dimanche midi. Deux nouveaux cas ont été confirmés samedi, portant le total à cinq depuis l’apparition du virus dans ce vaste pays sahélien.

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