“Le triple A” de la France sous pression après la dégradation de la note souveraine américaine

Après la dégradation de la note souveraine américaine qui a secoué les marchés financiers, les regards se tournent désormais vers la France qui, surendettée, se trouve sous pression pour conserver son triple A, la note maximale lui permettant d’emprunter à des taux avantageux pour refinancer sa dette et compenser ses déficits.

Si les agences de notation épargnent encore la France, l’agence Standard & Poor’s ayant même assorti sa meilleure note "AAA" d’"une perspective stable", sa présence parmi le club restreint des pays les mieux notés reste conditionnée à la concrétisation de ses objectifs de consolidation budgétaire, préviennent les analystes.

Outre la pression des marchés, le gouvernement français doit également faire face à celle de la Banque centrale européenne (BCE), qui a été contrainte lundi à racheter la dette espagnole et italienne pour soutenir la stabilité financière de la zone euro. Son président, Jean-Claude Trichet, a demandé aux gouvernements européens à "faire leur travail" concernant la réduction de leurs déficits ou concernant le rachat d’obligations par le Fonds de soutien de la zone euro.

Conscient de l’enjeu, le gouvernement français n’a cessé cette semaine de multiplier les messages rassurant sur l’avenir de l’économie française, alors que le président Nicolas Sarkozy a dû interrompre ses vacances mercredi pour convoquer une réunion de travail sur "la situation économique et financière". Mardi, la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a assuré que la France tiendra ses engagements pour conserver sa note "AAA" qui lui permet d’être en position optimale pour emprunter sur les marchés financiers."Pour la conserver, il faut garder le cap du redressement de nos finances publiques. Nous allons continuer à baisser le déficit budgétaire. Notre trajectoire de retour aux équilibres publics est la bonne", a-t-elle souligné.

De son cô té, le ministre français de l’Economie, François Baroin, a réaffirmé que la France respecterait ses promesses de réduction des déficits mais tout en excluant toute augmentation des impô ts. "Nous avons pris un engagement d’être en 2013 au niveau de déficit d’avant la crise et nous serons à ce rendez-vous-là", a-t-il dit.

Le gouvernement français s’était engagé à ramener le déficit à 4,6 % du PIB en 2012 et 3 pc, le plafond autorisé par les traités européens, en 2013, alors que la France affiche l’un des moins bons ratios budgétaires parmi le club très fermé du triple A, réduit à quinze pays, dont dix européens, après le déclassement des Etats Unis.

Selon la commission européenne, le déficit public français devrait atteindre cette année 5,8 % du PIB pour un niveau de dette estimé à 84,7 %, soit les niveaux les plus élevés de la zone euro.

Dans les cinq autres pays les mieux notés de la zone (Allemagne, Autriche, Luxembourg, Pays-Bas et Finlande), les déficits publics devraient osciller entre 1 et 3,7 % du PIB et les dettes entre 17,2 et 82,4 %.

Au total, la dette de la France s’établissait à 1.591,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2010 et devrait dépasser 1.600 milliards fin 2010, selon Bercy.

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