La stratégie « AI Made in Morocco », un jalon déterminant dans la structuration de l’écosystème numérique national (Seghrouchni)
La stratégie « AI Made in Morocco » est un jalon déterminant dans la structuration de l’écosystème numérique national, a affirmé la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.
De nombreuses initiatives en intelligence artificielle, ainsi qu’en Internet des objets (IoT), émergent dans des secteurs clés tels que les services publics, la santé, l’éducation ou encore la fintech, ce qui témoigne d’une capacité nationale en consolidation, a-t-elle assuré.
Dans ce contexte, le rôle du ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration est d’accompagner l’émergence d’une IA marocaine, y compris embarquée, en investissant notamment dans l’Agentic Al et l’IA physique, afin de mieux connecter le monde industriel au monde logiciel et d’accélérer la transformation des usages, a-t-elle expliqué.
Cette dynamique a connu un accélérateur majeur avec la journée « Al Made in Morocco », organisée le 12 janvier dernier à Rabat, a relevé Mme Seghrouchni, ajoutant que les travaux de cette rencontre ont acté le lancement d’un réseau national de centres d’excellence en IA, les Jazari Institutes, appelés à devenir un levier central de développement du secteur.
Ces structures, a-t-elle poursuivi, visent à bâtir un écosystème fondé sur l’excellence scientifique, la recherche appliquée et l’innovation, tout en accompagnant l’essor des entreprises technologiques et en encourageant l’adoption de solutions numériques par les PME.
Dans cette dynamique, la responsable gouvernementale a mis en relief le programme JobInTech en tant que véritable locomotive pour renforcer la production de talents au service de l’écosystème numérique national.
Il s’agit d’un programme d’upskilling et de reskilling proposant des formations qualifiantes de 4 à 6 mois, destinées aux jeunes diplômés souhaitant approfondir leurs compétences digitales ou se reconvertir vers les métiers du numérique, a-t-elle fait savoir.
Les parcours combinent connaissances techniques, mise en pratique et développement des soft skills et couvrent des domaines clés tels que la cybersécurité, l’IA, le développement logiciel, l’analyse de données, entre autres, avec pour objectif d’améliorer durablement l’employabilité des jeunes talents, a-t-elle fait savoir.
Et de préciser qu’avec un objectif de 14.000 apprenants formés sur trois ans, le programme couvre aujourd’hui toutes les régions du Royaume, avec des formations adaptées aux besoins du marché de l’emploi et aux spécificités locales, notant qu’à ce jour, 2.664 apprenants sont en cours de formation.
En parallèle, à l’horizon 2027, 568 bourses de doctorat seront financées dans les domaines liés à l’IA, aux données, au cloud et à la cybersécurité, a-t-elle indiqué, relevant que depuis 2025, 150 doctorants bénéficient déjà de ce programme, assorti d’une bourse mensuelle de 7.000 DH sur trois ans, mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation.
Dans cette même dynamique d’anticipation des compétences d’avenir, elle a souligné que le programme national « AI Master Junior » marque une étape structurante en matière d’initiation précoce aux technologies numériques.
Lancé en mars 2025, ce programme vise à initier les jeunes âgés de 8 à 18 ans aux compétences numériques et aux fondamentaux de l’IA, afin de préparer une génération capable de comprendre, créer et utiliser les technologies d’avenir de manière responsable, a précisé Mme Seghrouchni, ajoutant qu’il promeut également un usage éthique et sécurisé du numérique, tout en contribuant à réduire la fracture numérique et à renforcer l’inclusion technologique sur l’ensemble du territoire national.
Un second volet du programme est mis en œuvre en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et bénéficiera à près de 200.000 jeunes, à travers les centres de formation des clubs et l’organisation de tournois régionaux, permettant ainsi d’élargir l’accès aux compétences numériques à des publics jeunes issus de divers horizons, a-t-elle fait remarquer.
Et de poursuivre que l’innovation territoriale constitue le second axe structurant de cette dynamique, notant que les écosystèmes régionaux sont mobilisés pour faire émerger des solutions répondant aux besoins spécifiques des territoires, en favorisant une approche collaborative entre acteurs publics, privés et académiques.
Loin d’être un simple gadget technologique, l’IA est un choix stratégique de long terme qui redéfinit la compétitivité, la souveraineté et la place des nations dans le monde, a-t-elle ajouté.

