Fiasco des Bleus : “Il faut une commission d’enquête parlementaire, comme pour Outreau”

Fiasco des Bleus :
De la pelouse d’un stade bondé, cernés par des supporteurs euphoriques, à une salle de l’Assemblée nationale, entourés de députés soucieux de comprendre, il n’y a qu’un pas que les joueurs de l’équipe de France de football pourraient rapidement franchir. Alors que le fiasco des Bleus en Afrique du Sud prend des allures d’affaire d’État – Nicolas Sarkozy a, coup sur coup, annulé sa rencontre avec son homologue suisse Doris Leuthard et une rencontre avec les ONG dans le cadre de la préparation du G20 pour successivement regarder France-Afrique du Sud et rencontrer Thierry Henry -, plusieurs députés UMP réclament à tour de rôle la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Leurs requêtes prennent une nouvelle dimension jeudi matin, puisque Roselyne Bachelot déclare au micro de RTL trouver "assez logique que ce soit les représentants des Français qui mènent cette enquête". La ministre des Sports, présente sur tous les fronts depuis la révélation samedi par L’Équipe de l’insulte adressée par Nicolas Anelka à Raymond Domenech, avait dans un premier temps réclamé un audit externe, réalisé par un cabinet indépendant.

"C’est une affaire nationale, car la France a été humiliée" (Laffineur, UMP)

Elle change donc d’avis, à la grande joie, mais aussi à la surprise, de l’entourage de Marc Le Fur, vice-président UMP de l’Assemblée nationale, qui a précisément demandé dans un communiqué cosigné mercredi avec son collègue Philippe Meunier, député UMP du Rhône, la création d’une commission d’enquête parlementaire. "C’est énorme ! C’est énorme !" réagit-on jeudi matin dans son bureau de l’Assemblée nationale en prenant connaissance des déclarations de Bachelot. Et de tabler sur l’adoption d’une proposition de résolution visant à la création de la commission d’enquête en juillet et sur le début des auditions en septembre… "Il faut une commission d’enquête similaire à la commission Outreau", dit-on carrément…

Reste aux députés UMP souhaitant cette commission à se concerter sur les contours d’une telle initiative. Ainsi, Marc Laffineur, député UMP de Maine-et-Loire joint par Le Point.fr jeudi matin, n’est pas au courant de la proposition de ses collègues Le Fur et Meunier, ni de celle, identique, de Jean-Philippe Maurer, député UMP du Bas-Rhin. Il n’est pas non plus au courant de l’annonce de Roselyne Bachelot, qui vient sans autre forme de procès de leur confier la responsabilité de l’enquête sur le fiasco des Bleus… Marc Laffineur s’en réjouit toutefois : "Si Roselyne Bachelot le dit, c’est bien ! Il est naturel que les représentants de la nation s’en chargent", dit-il. "Porter le maillot tricolore fait que l’on est pas un joueur comme les autres. Ce qui s’est passé est une affaire nationale, car la France a été humiliée, la France est devenue la risée des autres pays. Il faut établir les responsabilités, trouver les remèdes."

Le refus de déposer est passible d’emprisonnement

D’ores et déjà, Philippe Meunier et Marc Le Fur proposent des pistes : que la commission soit composée de 30 membres et qu’elle porte "sur l’organisation par la FFF de la participation de l’équipe de France à la Coupe du monde de football", précisant que la FFF est un "organisme de droit privé accomplissant une mission de service public". La commission devra, selon eux, "évaluer les moyens financiers mis en oeuvre, les conditions dans lesquelles se sont déroulées la préparation des épreuves, la mise en oeuvre des sanctions pour les joueurs ayant dérogé à leurs obligations professionnelles et fédérales et la gouvernance de la fédération lors de cette compétition". L’entourage de Marc Le Fur évoque la possibilité de suggérer à l’exécutif des sanctions : "La sanction peut être des amendes dont le produit irait au sport amateur", explique-t-on.

Marc Laffineur n’est, pour sa part, pas favorable aux sanctions. "Le but, c’est de faire la lumière sur ce qui s’est passé et de trouver des solutions pour que cela ne recommence jamais"… Des mises au point à la marge sont encore nécessaires donc, mais tout le monde est d’accord sur la liste des personnes à convoquer : le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes, dont Roselyne Bachelot juge que le départ est désormais inéluctable, le sélectionneur Raymond Domenech, a minima le capitaine de la plus triste équipe de France de l’histoire, Patrice Evra – "et pourquoi pas les 23 joueurs ?" -, des journalistes spécialisés, etc., nous détaille un proche de Marc Le Fur. À noter que, selon l’ordonnance relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, "la personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d’enquête est passible de deux ans d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende"…

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