Coronavirus: les partis attendent de Macron de la “clarté” et du “concret”

Les responsables des partis politiques attendent de la “clarté” et du “concret” sur le confinement et sa sortie de la part d’Emmanuel Macron, qui présentera lundi sa stratégie contre l’épidémie de coronavirus.

En vue de cette allocution, le chef de l’Etat a consulté les partenaires sociaux et le Premier ministre aura vendredi une visioconférence avec les présidents de groupes parlementaires, avant de téléphoner à chacun des chefs de parti ce week-end.

Le délégué général du parti majoritaire LREM Stanislas Guerini l’assure: Emmanuel Macron “est dans la crise, là”. Son discours sera donc “très lié à la crise sanitaire” et moins à la sortie, “ne serait-ce que parce que cette projection pour l’après comporte quelques risques”.

Alors que l’opposition réclame davantage de tests et de masques, il explique que le gouvernement “a fait avec une situation de stocks de masques et de tests plus faibles, et a dû, de fait, changer la stratégie”.

Selon M. Guerini, “il y a une demande d’efficacité extrêmement forte” de la part des Français. Mais, prévient-il, si le président ne connaît pas la date de la fin du confinement, “il faudra aussi s’en tenir à ça. Il faut dire ce qu’on sait”.

“Il y a eu des revirements, et c’est compréhensible” comme sur les masques “donc si on ne sait pas, on dit qu’on ne sait pas. Et quand on sait, on fait”, a affirmé sur franceinfo l’ancien ministre LR Jean-François Copé, qui attend du chef de l’Etat des “réponses concrètes” sur le déconfinement “plutôt que de repartir sur des circonvolutions philosophiques”.

Le président de LR Christian Jacob, réclame lui “un plan de sortie de crise” parce qu'”au-dela des gestes médiatiques du président de la République, il n’y en a aucun”.

Dépistage massif ?

M. Jacob veut savoir “comment on anticipe cette sortie de crise, à la fois sur le plan de la santé et sur le plan économique”. Si “le déconfinement est basé sur le dépistage massif pourquoi aujourd’hui en France il n’y a toujours pas de tests ?” demande-t-il.

Le vice-président du RN Jordan Bardella attend d’Emmanuel Macron “qu’il cesse de prendre les Français pour des enfants, qu’il dise la vérité” et “explique très clairement les choses en fixant un cap”. “On ne peut pas faire une unité nationale sur des mensonges”, ajoute-t-il.

Trois Français sur quatre (76 %) pensent que le gouvernement leur “a caché la vérité” sur les masques parce qu’il n’y en avait “pas suffisamment”, selon un sondage Odoxa publié jeudi.

Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan souhaite que le chef de l’Etat “change radicalement de politique” pour passer à “une logique de production nationale” sinon “il aura du sang sur les mains”.

A gauche, le porte-parole du PS Pierre Jouvet attend que le président “soit transparent, dise toute la vérité, fixe un cap clair”, en s’assurant “que les moyens nécessaires seront disponibles”. “Il n’y a plus de place pour le flou, les hésitations et le +et en même temps+”.

Le “jour d’après”

EELV demande “des éclaircissements pour un retrait explicite de la réforme de l’assurance chômage” et “une concertation des forces associatives, politiques, syndicales et citoyennes pour +le monde d’après+”.

Pour LFI, le député et coordinateur Adrien Quatennens veut savoir “quand arriveront les matériels indispensables” et demande “la nationalisation d’entreprises clés”. Il demande également la définition des secteurs d’activité “vraiment indispensables” ainsi qu'”un cadre et des perspectives” pour le déconfinement.

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel souhaite que le président “mette fin à la guerre des masques” et demande “une aide spécifique” pour les Français les plus pauvres.

La députée LREM Cendra Motin concède qu’il s’agit pour le président d’un exercice “extrêmement difficile” portant sur “trois sujets: le confinement qui commence à porter ses fruits et pour lequel il ne faut surtout pas se relâcher, le déconfinement pour dire qu’on est en train de le préparer et qu’on ne va pas se louper, et éventuellement (…) +le jour d’après+”.

Ce qui est certain, affirme M. Guerini, c’est qu'”on ne va pas reprendre notre mandat là où on l’avait laissé”.

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