COP15 : les poissons migrateurs d’eau douce en déclin alarmant à l’échelle mondiale
Un rapport présenté lors de la COP15 sur la conservation des espèces migratrices au Brésil révèle que les poissons migrateurs d’eau douce font partie des espèces les plus menacées au monde, signalant un déclin massif de leurs populations et appelant à une action urgente à l’échelle mondiale.
Ce rapport, qui se concentre sur l’état des poissons migrateurs d’eau douce, identifie 325 nouvelles espèces susceptibles de bénéficier d’une protection internationale, incluant des espèces telles que les saumons, les anguilles et les lamproies.
L’Asie abrite à elle seule 205 espèces migratrices menacées et transfrontalières, loin devant l’Amérique du Sud (55 espèces), l’Europe (50), l’Afrique (42), l’Amérique du Nord (32) et l’Océanie (6).
Les bassins fluviaux prioritaires identifiés sont l’Amazone et La Plata-Parana (Amérique du Sud), le Danube (Europe), le Mékong et le Gange-Brahmapoutre (Asie), ainsi que le Nil (Afrique).
Depuis 1970, les populations de poissons migrateurs d’eau douce ont chuté d’environ 81 %, illustrant une érosion continue de la biodiversité aquatique.
Les causes de ce déclin sont variées. La construction de barrages, qui entrave les migrations des espèces, est l’une des principales menaces. À cela s’ajoutent la pollution, la surpêche et la dégradation des habitats, souvent exacerbées par les effets du changement climatique.
Avec des cours d’eau de plus en plus fragmentés ou asséchés, de nombreuses espèces ne parviennent plus à réaliser leurs cycles migratoires essentiels, que ce soit pour se nourrir ou se reproduire.
« Cette pression est très forte sur ces espèces, qui constituent une base économique pour les populations vivant notamment en Amazonie, dépendantes de cette ressource pour leur alimentation », a déclaré Carlos Durigan, chercheur à l’Institut de recherche environnementale de l’Amazonie.
En plus de leur importance écologique, ces poissons jouent un rôle crucial pour la sécurité alimentaire de millions de personnes, surtout dans les régions riveraines des grands bassins fluviaux.
Face à cette situation, les experts soulignent l’importance d’une coopération internationale renforcée. Certaines espèces migratrices parcourent des distances exceptionnelles, atteignant jusqu’à 11 000 kilomètres au cours de leur cycle de vie, traversant plusieurs frontières nationales.
Ils insistent également sur le fait que de nombreuses espèces restent encore insuffisamment prises en compte dans les dispositifs internationaux, appelant à une mise à jour des listes et à un renforcement des politiques de conservation.
