Belgique : le Sénat enclenche le processus menant à sa suppression
Le Sénat belge a approuvé vendredi une première étape vers sa propre suppression, en adoptant en séance plénière une modification transitoire de l’article 195 de la Constitution, dans un climat politique tendu.
La séance, particulièrement longue, a été brièvement suspendue après le départ inattendu des élus libéraux du Mouvement réformateur (MR), qui ont quitté l’hémicycle afin de s’assurer de l’issue du scrutin avant de se prononcer.
Ce vote intervient dans le cadre de l’accord de coalition, qui prévoit que les réformes institutionnelles ne doivent pas dépendre du soutien de formations jugées extrémistes, comme le Vlaams Belang (extrême droite) et le Parti du travail de Belgique (PTB, gauche radicale).
Au sein de la coalition gouvernementale, des divisions sont apparues. Le MR s’est finalement abstenu, à l’exception d’une sénatrice qui a voté contre. Du côté du parti centriste Les Engagés, la cheffe de groupe s’est également abstenue, évoquant un manque de clarté sur la méthode.
Dans l’opposition, les positions ont été contrastées. Le PTB s’est abstenu, tandis que les socialistes et une majorité des écologistes ont voté contre. A l’inverse, le petit groupe Anders a soutenu la révision.
Au final, le texte n’a recueilli qu’un soutien limité du côté francophone, avec seulement quatre voix favorables issues du groupe Les Engagés et n’a pu passer que grâce à une voix du Vlaams Belang, selon les comptes faits à l’issue de la séance.
