Israël : Benjamin Netanyahou brigue la reconduction de son leadership au Likoud avant les législatives
À l’approche des élections législatives, le Premier ministre Benjamin Netanyahou cherche à verrouiller la présidence du Likoud pour mener une nouvelle bataille électorale, faisant face à des contestations internes au sein de son parti, à la montée de rivaux d’opposition comme Gadi Eisenkot, et au bilan complexe de sa dernière législature.
La bataille interne au Likoud et le verrouillage de la tête de liste
Une opposition extérieure incarnée par la figure montante d’Eisenkot
Hors du camp nationaliste, le paysage politique est marqué par une offensive coordonnée des blocs d’opposition. Si les figures traditionnelles telles que Naftali Bennett, Yair Lapid, Benny Gantz ou Avigdor Lieberman maintiennent leurs bastions, c’est l’ancien chef d’état-major de Tsahal Gadi Eisenkot — à la tête de sa formation Yashar — qui bouscule les équilibres dans les enquêtes d’opinion. Porté par une stature sécuritaire, l’exigence d’une commission d’enquête d’État sur les événements du 7 octobre 2023 et la fin des exemptions militaires pour les Haredim, Eisenkot se positionne en alternative directe au Premier ministre, dans un contexte où la formation d’une coalition majoritaire de 61 sièges reste un défi arithmétique pour les deux camps.
Bilan des dernières années : survie politique, crises sécuritaires et isolement diplomatique
Les dernières années au pouvoir de Benjamin Netanyahou se caractérisent par un contraste marqué. Sur le volet institutionnel, le projet de réforme judiciaire amorcé en 2023 a provoqué des fractures sociétales sans précédent et des mobilisations citoyennes massives. Sur le plan sécuritaire, les attaques du 7 octobre 2023 et l’ouverture de multiples fronts (Gaza, Liban, tensions directes avec l’Iran) constituent le défi le plus lourd de l’histoire récente du pays. Si ses partisans soulignent sa fermeté doctrinale et les coups portés aux appareils militaires régionaux, ses détracteurs lui reprochent les défaillances du renseignement, le coût économique et humain de la guerre prolongée, ainsi que la dégradation de l’image diplomatique d’Israël et des relations avec les chancelleries occidentales.
