Sebta : les ministres européens de l’Intérieur réunis en urgence ce mardi pour « faire le point »

Les ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept se réunissent mardi en visioconférence pour tirer les leçons de la crise migratoire à Sebta, alors que Pedro Sánchez dénonce l’attitude de certains partenaires européens et que la présidente de la Commission européenne appelle à une réponse commune.

Une réunion réclamée par 22 dirigeants européens
Les ministres de l’Intérieur des pays membres de l’Union européenne se réunissent mardi 4 août en visioconférence, depuis 10 heures, pour tirer les leçons de l’afflux migratoire à Sebta, ville occupée où plus de 60 000 personnes, selon Madrid, sont entrées illégalement depuis le Maroc en quelques jours fin juillet. Cette réunion d’urgence avait été réclamée samedi par 22 dirigeants des Vingt-Sept, menés par l’Italie et le Danemark, dont la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz. « Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », écrivaient-ils dans une lettre adressée à la présidence irlandaise de l’UE, au président du Conseil européen António Costa et à la présidente de la Commission européenne. La France et le Portugal, pourtant voisins directs de l’Espagne, ne se sont pas associés à cette démarche.

Un bilan humain contesté
Au total, au moins 72 personnes seraient mortes lors de cette traversée selon les autorités locales espagnoles, un bilan que les autorités marocaines évaluent à 11 morts, un écart qui illustre les divergences d’appréciation entre les deux pays sur l’ampleur du drame. La quasi-totalité des migrants entrés à Sebta sont depuis retournés au Maroc. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait déclaré le 1er août depuis Sebta qu’« en moins de quarante-huit heures, la situation à Sebta n’a plus rien à voir », ajoutant qu’« un retour à la normale est en cours ».

Sánchez dénonce une réponse « égoïste »
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a interpellé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dénonçant « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens face à la crise. Il avait auparavant qualifié d’« égoïste » l’attitude de plusieurs partenaires de l’UE, précisant dans une lettre : « La plupart nous ont témoigné leur soutien et leur solidarité, et proposé leur aide », tout en regrettant que « d’autres, en revanche, ont choisi d’attaquer l’Espagne et de réclamer son exclusion temporaire » de l’espace Schengen. De son côté, Ursula von der Leyen a appelé à trouver une « réponse européenne commune » pour consolider les frontières du bloc.

Une réunion sans grande décision attendue
Selon des sources diplomatiques citées par Le Monde, cette réunion ne devrait déboucher sur aucune décision majeure, mais permettra aux ministres d’« adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Le président du Rassemblement national français, Jordan Bardella, avait dénoncé « une invasion migratoire coordonnée du territoire européen ». Paradoxalement, alors que le discours européen sur l’immigration se durcit, le nombre d’arrivées illégales dans l’UE est en baisse de 55% au cours des deux dernières années, selon les chiffres cités par la presse européenne.

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