Le Maroc présente ses réformes de gouvernance minière au forum ministériel d’Abidjan sur les minéraux critiques

Abidjan, 11 juillet 2026 – Les réformes engagées par le Maroc pour moderniser et renforcer sa gouvernance minière ont été mises en lumière vendredi à Abidjan, lors du forum ministériel sur les minéraux critiques, organisé conjointement par la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission de l’Union Africaine (CUA).

Un secteur minier en profonde transformation

Intervenant à cette conférence ministérielle intitulée « Forum ministériel sur les minéraux critiques, les chaînes de valeur et la valorisation : voies de transformation pour l’Afrique », l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi en Côte d’Ivoire, Othman El Ferdaous, a souligné que le Royaume a engagé une profonde transformation de son secteur minier afin d’en faire « un véritable levier de souveraineté industrielle, de compétitivité économique et de développement durable ».

Le diplomate marocain a rappelé les atouts structurels du Maroc en la matière : « un potentiel géologique diversifié, une longue tradition minière, un environnement institutionnel stable, des infrastructures adéquates, ainsi qu’une position géographique stratégique reliant l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique ».

Deux réformes majeures en cours

M. El Ferdaous a détaillé deux chantiers réglementaires et techniques actuellement conduits par le Maroc.

La première réforme porte sur l’évolution du cadre législatif et réglementaire, à travers la révision de la loi n°33-13 relative aux mines. Cet amendement vise à adapter la gouvernance du secteur aux nouveaux enjeux liés aux minéraux stratégiques et critiques, à encourager l’investissement et à favoriser la création de valeur locale.

La seconde réforme concerne le renforcement de la connaissance géologique nationale, grâce à l’intensification des travaux de cartographie, d’exploration et de valorisation des données géo-scientifiques, permettant une meilleure identification du potentiel minéral du Royaume.

Le Maroc poursuit par ailleurs la modernisation de son cadastre minier par voie de digitalisation progressive, afin de garantir davantage de transparence, de sécurité juridique et d’efficacité dans la gestion des titres miniers. Le Royaume intègre également les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans l’ensemble de sa chaîne de valeur minière, conformément aux standards internationaux.

Le partenariat africain au cœur de la stratégie marocaine

« Au-delà de ces réformes nationales, le Maroc demeure convaincu que les défis liés aux minéraux critiques ne pourront être relevés qu’à travers une coopération internationale renforcée », a déclaré M. El Ferdaous, rappelant que le Royaume place le partenariat africain au cœur de son action, dans le cadre de la vision royale en faveur de la coopération Sud-Sud.

L’ambassadeur a exprimé la disponibilité et l’engagement du Maroc à partager son expertise avec les pays africains dans les domaines de la gouvernance minière, de la géologie, de la formation, de la digitalisation, de la recherche, de la transformation industrielle et de la valorisation des ressources minérales.

« Pour atteindre cet objectif, nous devons renforcer notre coopération, mutualiser nos expertises, développer des partenariats fondés sur la confiance et construire ensemble des chaînes de valeur africaines plus résilientes, plus compétitives et plus inclusives », a insisté le diplomate, réitérant la disponibilité du Royaume à contribuer activement à cette ambition collective.

Un continent assis sur 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques

Le forum d’Abidjan a réuni des ministres africains chargés des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie, de l’Économie verte et des Ressources naturelles, ainsi que des dirigeants de banques régionales africaines de développement, de la CUA, du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, des institutions financières régionales, des partenaires techniques stratégiques et des investisseurs institutionnels.

Selon les données de la BAD, l’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, parmi lesquels le cobalt, le lithium, le graphite, les terres rares, les métaux du groupe du platine, le cuivre, le manganèse et le nickel. Les ressources minérales du continent sont estimées à environ 29,5 billions de dollars américains, soit 819 % du PIB africain, ou environ 8,2 fois son PIB annuel, représentant près de 20 % du total mondial. Environ 8,6 billions de dollars de ces ressources (239 % du PIB de l’Afrique) demeurent encore non exploités.

Les projections de demande mondiale sont par ailleurs sans équivoque : d’ici à 2040, la demande en métaux du groupe du platine devrait augmenter de plus de 1 000 %, celle du lithium de 842 % et celle du cuivre de 88 % par rapport aux niveaux de 2023.

La rencontre d’Abidjan a offert aux participants l’opportunité de définir des orientations stratégiques en matière de valorisation locale, et d’identifier les voies pour faire du secteur des minéraux critiques un levier essentiel de transformation structurelle en faveur du développement de l’Afrique.

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