Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a réuni, ce mardi 5 mai 2026 au Salon du livre de Rabat, trois auteures anglophones de la diaspora pour une rencontre inédite, organisée en partenariat avec l’ambassade d’Australie au Maroc.
Saeida Rouass, Nadia Mahjouri et Mhani Alaoui, installées respectivement à Londres, en Australie et à Casablanca, ont exploré, sous la modération de la journaliste Hanane Harrath, une question qui bouscule les frontières habituelles de la littérature nationale : peut-on raconter le Maroc en anglais ? Leurs réponses dessinent les contours d’une littérature marocaine anglophone encore peu connue dans son propre pays, mais qui cherche aujourd’hui à y prendre sa place.
Si leurs parcours diffèrent, les trois auteures convergent vers un même territoire littéraire : le Maroc, ses blessures historiques, ses silences et ses femmes.
La rencontre a mis en lumière les obstacles propres à cette littérature. Contrairement à leurs homologues francophones, les auteures anglophones de la diaspora marocaine peinent à trouver un lectorat naturel dans leur pays d’origine.
Pour Nadia Mahjouri, la présence au Salon du livre de Rabat revêt une dimension profondément symbolique. Celle qui n’avait jamais imaginé être lue dans son pays natal mesure le chemin parcouru : « C’est une grande surprise pour moi d’être invitée ici. Je n’ai jamais imaginé être lue au Maroc. C’est un rêve pour moi de revenir dans mon pays et d’y trouver un public ».
Une émotion partagée par les trois auteures, dont les œuvres cheminent désormais vers le Maroc par le biais des traductions et des festivals. La féminisation de la production littéraire marocaine, portée en partie par la diaspora anglophone, s’affirme comme un phénomène inédit et prometteur.
Au terme de cette rencontre, une certitude fait son chemin: la littérature marocaine anglophone n’est plus une curiosité isolée, mais une réalité en train de s’écrire, roman après roman, d’un continent à l’autre. Saeida Rouass, Nadia Mahjouri et Mhani Alaoui en sont les pionnières, et elles n’ont, visiblement, pas fini de raconter.
