« La collision mortelle en vol était due à des défaillances systémiques et aurait pu être évitée à 100 % », a déclaré aux journalistes Jennifer Homendy, présidente du NTSB, en marge d’une audience sur cet accident, qui a coûté la vie à 67 personnes. Elle a affirmé que l’agence américaine de l’aviation (FAA) avait ignoré pendant des années des avertissements répétés concernant des quasi-collisions dans cette zone aérienne particulièrement encombrée.
Selon les conclusions du NTSB, les contrôleurs aériens affectés à l’aéroport Reagon de Washington étaient régulièrement surchargés et exposés à un nombre élevé de situations dangereuses, au point d’en être progressivement désensibilisés. En outre, les pilotes étaient contraints d’assurer eux-mêmes la séparation visuelle avec d’autres aéronefs, sans toujours être informés de la proximité réelle des trajectoires de vol, ont indiqué les enquêteurs.
Plusieurs contrôleurs et pilotes avaient pourtant signalé, à de nombreuses reprises, les risques posés par cette configuration, sans que leurs alertes ne soient prises en compte. « Pendant des années, personne n’a écouté », a regretté la présidente du NTSB, soulignant que certains employés de la FAA craignaient des représailles s’ils s’exprimaient officiellement.
Les enquêteurs ont également relevé que la FAA n’avait pas procédé aux révisions annuelles obligatoires de certaines routes aériennes, malgré des avertissements répétés sur leur dangerosité. Outre la FAA, l’armée américaine a également été mise en cause. Le NTSB estime qu’elle n’avait pas suffisamment formé ses pilotes aux risques spécifiques de l’espace aérien dense entourant l’aéroport Reagan, ni informé les équipages de possibles imprécisions dans les instruments de mesure d’altitude. Le NTSB a toutefois insisté sur le fait qu’aucune preuve ne permet d’incriminer une incompétence, une fatigue excessive ou une consommation d’alcool ou de drogues de la part des personnels impliqués, notant que certains tests n’avaient pas été réalisés à temps.
L’accident aérien s’est produit le 29 janvier 2025 lors de l’approche finale du vol régional 5342 de la compagnie American Airlines, en provenance de Wichita, dans le Kansas, avec à bord 60 passagers et quatre membres d’équipage. L’hélicoptère militaire « Black Hawk » effectuait, de son côté, une mission d’entraînement avec trois militaires à bord. Parmi les victimes de l’accident figurent notamment de jeunes patineurs artistiques et leurs entraîneurs.
À la suite de l’incident, des mesures ont été prises. L’armée a suspendu certaines missions, tandis que la FAA a interdit le trafic d’hélicoptères non essentiels autour de l’aéroport et fermé définitivement la route aérienne empruntée par le Black Hawk.
Il s’agit de la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis le crash en novembre 2001 d’un avion de ligne à New York, peu après son décollage.

