Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa salue un “nouveau départ” après sa victoire à la présidentielle

Emmerson Mnangagwa, qui dirigeait le Zimbabwe depuis novembre après la chute de Robert Mugabe, a salué vendredi "un nouveau départ" après sa victoire à la présidentielle dès le premier tour.

"Merci Zimbabwe (…). C’est un nouveau départ. Unissons-nous dans la paix, l’unité et l’amour et ensemble construisons un nouveau Zimbabwe pour tous", a lancé M. Mnangagwa sur son compte Twitter. "Même si nous avons été divisés pendant les élections, nous sommes unis dans nos rêves", a-t-il ajouté.

Surnommé le "crocodile" pour son caractère impitoyable, l’ex-combattant de la guerre de "libération" a été élu dès le premier tour avec 50,8% des suffrages, selon les résultats officiels annoncés vendredi.

Pendant la campagne, Emmerson Mnangagwa a parcouru le pays, une écharpe aux cinq couleurs du Zimbabwe autour du cou, en homme du changement, lui qui fut pourtant le bras droit de Robert Mugabe pendant près de quatre décennies avant d’être renié par son mentor.

"Nous sommes à l’aube d’un nouveau Zimbabwe, dont nos enfants seront fiers", a-t-il répété ces dernières semaines, promettant la relance de l’économie, sortie exsangue du règne de Robert Mugabe.

Emmerson Mnangagwa a été installé à la tête du pays en novembre par un coup de force de l’armée et du parti au pouvoir, la Zanu-PF, soucieux d’empêcher la Première dame Grace Mugabe de succéder le moment venu à son mari nonagénaire. Avec le soutien de l’appareil d’Etat et de la Zanu-PF, qui contrôle le pays depuis son indépendance en 1980, Emmerson Mnangagwa faisait figure de favori pour la présidentielle.

Né le 15 septembre 1942 dans le district de Zvishavana, dans le sud d’un Zimbabwe alors britannique, le jeune Emmerson Mnangagwa a grandi en Zambie.

Fils d’un militant anticolonialiste, il rejoint en 1966 les rangs de la guérilla indépendantiste qui fait le coup de feu contre le pouvoir de la minorité blanche. Arrêté après un sabotage, il échappe à la peine capitale et purge dix ans de prison.

Emmerson Mnangagwa expliquera avoir appris, lors de ces années de lutte, à "détruire et tuer". Chrétien pratiquant et austère, le "Crocodile" ne verse guère de larmes…

Chef de la sécurité nationale, il dirige en 1983 la brutale répression dans les provinces dissidentes du Matabeleland (ouest) et des Midlands (centre), qui fait environ 20.000 morts.

"Ce qui est arrivé est arrivé", a récemment lâché le nouveau président, concédant toutefois que l’épisode constituait une "tache" dans l’histoire du Zimbabwe.

En 2008, il est chargé des élections et supervise les fraudes et les violences qui permettent à Robert Mugabe de conserver le pouvoir, malgré sa défaite au premier tour. Son zèle répressif lui vaut des sanctions internationales.

Pour toutes ces raisons, son principal rival à la présidentielle, Nelson Chamisa, qualifie Emmerson Mnangagwa de "représentant du passé", prêt à tout pour garder le pouvoir.

Imperturbable, l’intéressé assure qu’il n’en est rien. "Je suis doux comme un agneau", a-t-il récemment confié. La répression militaire meurtrière cette semaine contre des opposants qui criaient à la fraude laisse pourtant penser le contraire.

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