Syrie : le Canada dénonce la “scandaleuse” passivité de l’Onu

Syrie : le Canada dénonce la
Le Conseil de sécurité de l’Onu s’est comporté de manière "scandaleuse" face à la crise syrienne, et le rôle des Nations unies devient de moins en moins pertinent, a estimé vendredi le ministre canadien des Affaires étrangères.

A l’issue de la réunion du groupe des Amis du peuple syrien qui se tenait vendredi à Paris, John Baird a exprimé sa colère face à l’attitude de la Russie, qui refuse que le Conseil de sécurité prenne des sanctions plus sévères contre le président syrien Bachar al Assad.

Très offensif, le représentant du Qatar a d’ailleurs souhaité qu’un "résultat soit obtenu même sans le Conseil de sécurité". "Que ferons-nous si le statu quo persiste ?" a-t-il souligné. "Nos belles paroles ne suffiront pas a-t-il martelé, il faut prendre des décisions importantes".

Une vision quelque peu tempérée par Hillary Clinton qui a appelé à une résolution du Conseil de sécurité, mais en appuyant sur la nécessité de faire clairement référence au chapitre VII. "Nous devons saisir le Conseil de sécurité et exiger la mise en place du plan signé à Genève par la Chine et la Russie (…) en prenant en compte les conséquences en cas de non respect par le régime syrien de cette résolution, y compris sous chapitre VII", a affirmé la secrétaire d’Etat américaine.

Les 107 pays réunis à Paris ont appelé à une transition politique. Et demandent pour cela l’adoption urgente d’une résolution du Conseil de sécurité.

C’est d’ailleurs sur ce point que le ministre français des Affaires étrangères et longuement revenu durant la conférence de presse de présentation des conclusions de la réunion. "Nous avons quelques éléments pour convaincre les Russes et les Chinois du bien fondé de notre position", a affirmé le ministre.

"Ils nous disent "que va-t-il se passer après ?", sous-entendu "ce sera le désordre". Mais il n’y a pas plus grand désordre que celui qui est en cours en ce moment en Syrie", a indiqué Laurent Fabius. "Ils nous disent aussi : "Pas d’ingérence dans les affaires intérieures". Mais ce conflit a largement dépassé la question intérieure que ce soit pour des raisons de dignité de la personne humaine ou de déstabilisation de la région", a martelé le ministre.

"Ils nous disent encore ne pas vouloir perdre leur influence dans la région. Mais nous leur objectant que c’est en soutenant ce régime, justement, qu’ils risquent de la perdre", a enfin souligné Laurent Fabius.

Ces arguments suffiront-ils à convaincre la Russie et la Chine de ne pas poser de veto lors du vote de la résolution annoncée ? Le ministre est attendu la semaine prochaine à Pékin.

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